Samedi 6 Octobre 2018 -Saint Joseph Diamanche 7 Octobre 2018 Sainte Jehanne

Publié le 14 Octobre 2018

« C’est en raison de la dureté de vos cœurs que Moïse a formulé pour vous cette règle. Mais au commencement Dieu les fit homme et femme, (…) et tous deux deviendront une seule chair»

 

Frères et sœurs bien aimés, le cœur de l’Evangile est que tous les hommes se sentent aimés par Dieu : TOUS les hommes,... ceux qui se sentent bons, bien « nets », ce qui est une donnée subjective, et ceux qui se sentent mauvais, ou « pas en règle ». Mais aussi ceux qui suivent objectivement un bon chemin (au prix de certains sacrifices) ou ceux qui n’arrivent pas à suivre un bon chemin mais qui essaient. J’exclue ici ceux qui refusent Dieu : Dieu les aime aussi, mais ce sont eux qui s’écartent volontairement de Lui. « Tous les poissons sont dans le même filet » comme disait le Père Thomasset, jésuite, qui est venu nous enseigner pour les journées de rentrée pastorale du diocèse sur Amoris Laetitia (La joie de l’amour, l’exhortation du pape sur l’amour dans le mariage et dans la famille, de mars 2016).

 

Oui, le Seigneur veut le BONHEUR pour tous (cf. livre de caté des 6ème et 5ème « heureux d’aimer »), il veut que nous soyons profondément heureux, et que nous visions le bonheur. C’est-à-dire que nous le recherchions comme un but, le bout du chemin ; mais ce bonheur est parfois entouré d’épines…Le bonheur et l’amour de la famille (lectures d’aujourd’hui), en fait c’est comme une rose ou un artichaut ! Ou une rose dans un artichaut !!!

Je m’explique :

La beauté de l’amour attire comme une belle rose (un beau couple, la tendresse, des enfants heureux, de l’abnégation pour l’autre, le sens du service, des consacrés rayonnants). Mais pour y arriver, il faut accepter du temps et des épines. Ou encore la beauté de l’amour peut être comme la douceur d’un « cœur d’artichaut », comme le cœur miséricordieux de Dieu ! Car au contraire de l’expression, il y a des obstacles pour atteindre le cœur d’artichaut ! (feuilles, toison, haute tige). Quand on parle de l’amour dans les familles, de l’amour dans le couple, il y a aussi le cœur (qui est magnifique) et il y a les écrans ou les obstacles.

 

L’enseignement de l’Eglise sur le mariage et l’amour de la famille est finalement peu connu, de St Thomas d’Aquin au Pape François, en passant par St Jean-Paul II. C’est difficile d’en parler « en chaire », pendant une prédication dominicale, car cela touche à l’intime de l’amour d’un couple et à sa visibilité extérieure, et que chacun peut se sentir jugé ou mal comprendre. Nous ne sommes pas tous dans un même moule humain. Et trop souvent on s’arrête « aux petites phrases », aux caricatures rapportées (par exemple : « l’Eglise demande que les femmes battues restent avec leur mari sinon elles laissent la place à l’adultère », ou encore « les divorcés ne peuvent plus communier », ou bien « les divorcés remariés sont exclus de l’Eglise » : C’est FAUX ! Plusieurs parmi nous ici peuvent d’ailleurs en témoigner.

...C’est comme avec les artichauts ou les roses : il faut du temps pour pouvoir accéder au cœur et sentir la véritable odeur de l’Evangile de Jésus sur l’amour des époux et de la famille !

 

Je voudrais vous citer pour finir deux petits extraits du pape François dans cette exhortation apostolique « La joie de l’amour » :

AL N° 122 : « il ne faut pas confondre des plans différents : il ne faut pas faire peser sur deux personnes ayant leurs limites la terrible charge d’avoir à reproduire de manière parfaite l’union qui existe entre le Christ et son Église ; parce que le mariage, en tant que signe, implique « un processus dynamique qui va peu à peu de l'avant grâce à l'intégration progressive des dons de Dieu. »

 

 

et AL 293 : « Les Pères se sont également penchés sur la situation particulière d’un mariage seulement civil ou même, toute proportion gardée, d’une pure cohabitation où « quand l’union atteint une stabilité consistante à travers un lien public, elle est caractérisée par une affection profonde, confère des responsabilités à l’égard des enfants, donne la capacité de surmonter les épreuves et peut être considérée comme une occasion à accompagner dans le développement menant au sacrement du mariage ». D’autre part, il est préoccupant que de nombreux jeunes se méfient aujourd’hui du mariage et cohabitent en reportant indéfiniment l’engagement conjugal, tandis que d’autres mettent un terme à l’engagement pris et en instaurent immédiatement un nouveau. Ceux-là « qui font partie de l’Église ont besoin d’une attention pastorale miséricordieuse et encourageante ». En effet, non seulement la promotion du mariage chrétien revient aux Pasteurs, mais aussi « le discernement pastoral des situations de beaucoup de gens qui ne vivent plus dans cette situation » pour « entrer en dialogue pastoral avec ces personnes afin de mettre en évidence les éléments de leur vie qui peuvent conduire à une plus grande ouverture à l’Évangile du mariage dans sa plénitude ». Dans le discernement pastoral, il convient d’identifier « les éléments qui peuvent favoriser l’évangélisation et la croissance humaine et spirituelle. »

 

 

Jésus dit des choses sur le sujet, et même radicales. A nous de les écouter, les comprendre, sans penser qu’il veut des « purs », mais qu’il nous met sur un chemin … un chemin vers où ? ...Vers le bonheur ! Deux mots peuvent résumer tout mon propos au sujet de l’enseignement de l’Église sur l’amour dans le couple et la famille : humilité envers Dieu qui nous parle et douceur, bienveillance envers les autres, sans juger.

 

«C’est en raison de la dureté de vos cœurs que Moïse a formulé pour vous cette règle. Mais au commencement Dieu les fit homme et femme et tous deux deviendront une seule chair». Amen

 

P. Thibaud de La Serre

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies

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