Homélie Samedi 16 mars 2019 – Saint Joseph Dimanche 17 mars 2019 - Sainte Jehanne

Publié le 24 Mars 2019

Samedi 16 mars 2019 – Saint Joseph

Dimanche 17 mars 2019 - Sainte Jehanne

 

«Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abraham, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui »

 

Ø  Frères et sœurs bien-aimés, cela fait 16 ans que je dois chaque année commenter cet épisode de la Transfiguration du Christ pour le 2ème dimanche du Carême, mais c’est la 1ère fois que je suis interrogé et impressionné par le « sommeil » dont il est question plusieurs fois dans les textes aujourd’hui...Qu’est-ce que ce sommeil qui accable Pierre, Jacques et Jean, comme Abraham ?

 

En faisant quelques recherches bibliques, je me suis aperçu qu’il y avait plusieurs mots et plusieurs traductions (sommeil, sommeil mystérieux, torpeur, terreur). Et que dans les cas où le « sommeil » ne signifie pas le sommeil de la nuit ni celui de la mort, c’est le plus souvent Dieu lui-même qui envoie un sommeil, ou une torpeur (étymologiquement « être transpercé ») ou une terreur ! C’est le cas par exemple avec Adam dans la Genèse (côte), avec les Egyptiens et Pharaon au moment de la sortie d’Egypte (Exode), avec la vision d’Isaïe, avec l’aveuglement du peuple juif devant le Messie (Cf Isaïe 29 et Romains 11),  avec les gardes au tombeau qui « tombent comme morts », avec Abraham, et ici avec les Apôtres. Seul l’évangéliste St Luc évoque ce « sommeil » qui les accable au moment de la Transfiguration.

 

A chaque fois, cette torpeur, cet accablement vu comme venant de Dieu, est relu à la lumière de ce que Dieu a donné après : Eve, la libération d’Egypte, la vision du ciel, la Résurrection, la descendance d’Abraham, la Transfiguration…. c’est-à-dire que nous faisons, parfois à nos dépens, l’expérience de la puissance de Dieu, de sa grandeur, pour que nous restions humbles devant lui, car c’est lui le Maître !

 

Souvenez-vous de la semaine dernière, avec les tentations du désert, je vous parlais de la faim, et la faim de l’Eucharistie, et du tentateur qui nous fait croire que nous pouvons nous passer de Dieu aujourd’hui, il me semble que nous sommes mis en garde devant la possible « évidence » de notre foi ou de notre certitude d’être un jour « citoyens des cieux ».

Être « citoyens des cieux » comme Saint Paul le dit aujourd’hui, c’est un appel du Père des Cieux, c’est le salut que Jésus a acquiert pour nous de son Sang, mais la torpeur ou le sommeil « mystérieux » peut être le doute ou la crainte qui un jour peuvent nous envahir devant notre petitesse, nos péchés, notre orgueil ou ces années d’errance que nous avons pu avoir... Et il faut se dire que c’est une bonne chose ! Bien mieux que de se croire déjà du bon côté, déjà « saint » et juger les autres qui seraient loin de Dieu !!

 

Le Psaume 26 nous invite à ne pas craindre le Mal ou les tentations, mais plutôt craindre Dieu dont nous cherchons le visage. Jésus, son Fils, sera ainsi pour nous « Lumière » si nous « craignons Dieu » et si nous ne sommes pas déjà dans la lumière. Là est le gage, je le crois, d’une foi authentique et pure.

 

«Au coucher du soleil, un sommeil mystérieux tomba sur Abraham, une sombre et profonde frayeur tomba sur lui ».

 

Amen.

Père Thibaud de La Serre

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies

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