Homélie de Mgr Hubert HERBRETREAU pour le jour de Noël en la cathédrale Saint-Caprais à Agen, le mercredi 25 décembre 2019

Publié le 11 Janvier 2020

Homélie de Mgr Hubert HERBRETREAU pour le jour de Noël en la cathédrale Saint-Caprais à
Agen, le mercredi 25 décembre 2019

Is 52, 7-10 ; Ps 97 ; He 1, 1-6 ; Jn 1, 1-18
Chers amis, frères et soeurs,
Le pape François disait il y a un an au début de l’Avent : « Nous ne sommes pas faits pour des sommeils
tranquilles mais pour des rêves audacieux. »
Après une nuit qui fut peut-être courte pour certains d’entre nous, la fête de Noël nous sort de notre sommeil
et nous nous mettons à rêver d’un monde enfin apaisé, bienveillant, sans tensions, joyeux et fraternel. Tout
cela parce qu’« un enfant est né ». C’est le Christ notre Sauveur.
Ce petit qui est né et déposé dans une mangeoire d’animaux à Bethléem, c’est quelqu’un avec qui il faudra
désormais compter. On peut lui donner notre confiance à ce petit qui est Dieu lui-même. Cela a du poids parce
que là est l’essentiel de notre foi. Aucun pouvoir humain ne tient devant le pouvoir de cet enfant posé dans
une mangeoire d’animaux, dans le dénuement et la pauvreté.
Contempler
La période de Noël nous invite à contempler. Après la lumière et les couleurs de l’automne, elle nous fait entrer
dans la saison la plus aride de l’hiver.
Les lumières artificeilelles de nos villes et de nos villages ne devraient pas bloquer notre esprit de
contemplation. Nous pouvons bénir Dieu en regardant la nature, quelque chose de beau comme la sculpture
des arbres dépouillés de leurs feuilles.
Et puis tout simplement regardons la crèche ! On y a mis des éléments naturels et symboliques. Une palme
déposée derrière l’enfant Jésus évoque l’entrée de Jésus à Jérusalzem ; la branche épineuse peut nous
rappeler la couronne d’épine du Christ ; la mousse exprime la douceur de Jésus ; les personnages, en
contemplation, convergent vers le lieu du berceau.
N’oublions pas que la contemplation passe aussi par les petits gestes du quotidien, gestes d’attention aux
autres, en particulier attention à ceux qui traversent des situations difficiles familiales et personnelles.
Tout est contenu dans le mystère de Noël que nous célébrons : la bonté, la beauté, la paix et l’espérance, la
joie profonde et le courage. Contempler et consommer moins et mieux nous met dans une attitude d’accueil
et d’ouverture du coeur.
Aucune naissance n’a été et ne sera célébrée comme la sienne ! L’Enfant que nous contemplons dans nos
crèches est le Dieu éternel, vivant et vrai ! Que ce soit bien clair : la clef de voûte de notre Histoire humaine
c’est Jésus Christ, né à Bethléem, mort à Jérusalem sur le mont Golgotha, ressuscité à l’aube du matin de
Pâques.
C’est pourquoi, on ne peut pas ranger simplement Jésus dans la liste des grands hommes, des philosophes,
des sages, des inspirés. C’est bien plus qu’une personnalité importante de l’Histoire : c’est la « Lumière née
de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu ».
Bénissons le Seigneur !
À la crèche, même les animaux (l’âne, le boeuf, les moutons) font partie de la contemplation. Ils symbolisent
la création tout entière. La liturgie de l’Église, à l’office des Laudes nous invite aussi : « Toutes les oeuvres du
Seigneur, bénissez le Seigneur ! »
Le psalmiste, quant à lui, s’émerveille : « Les cieux proclament la gloire de Dieu, le firmament raconte l’ouvrage
de ses mains. Le jour au jour en livre le récit et la nuit à la nuit en donne connaissance. Pas de paroles dans
ce récit, pas de voix qui s’entende ; mais sur toute la terre en paraît le message et la nouvelle, aux limites du
monde » (Ps 19, 2-5). La Bible regorge de tels cris de jubilation et d’émerveillement devant la beauté du monde
créé.
Comme en écho, un chrétien du deuxième siècle se joint à la louange : « Toute créature prie. Les animaux
domestiques et les bêtes sauvages prient et fléchissent les genoux. En sortant de leurs étables ou de leurs
tanières, ce n’est pas pour rien qu’ils font vibrer l’air de leurs cris. Même les oiseaux qui volent dans le ciel
étendent leurs ailes en forme de croix et disent quelque chose qui ressemble à une prière » (Tertullien, De
Oratione n° 29).
Ajoutons le témoignage du pèlerin russe, assoiffé de Dieu, au milieu du XIXe siècle : « À cette époque, je lisais
aussi ma Bible et je sentais que je commençais à la mieux comprendre ; j’y trouvais moins de passages
obscurs. (…) Quand en même temps je priais au fond du coeur, tout ce qui m’entourait m’apparaissait sous
un aspect ravissant : les arbres, les herbes, les oiseaux, la terre, l’air, la lumière, tous semblaient me dire qu’ils
existent pour l’homme, qu’ils témoignent de l’amour de Dieu pour l’homme ; tout priait, tout chantait gloire à
Dieu ! »
Romantisme que tout cela ? Sentiment de plénitude provoqué par une intense émotion esthétique ? C’est bien
plus que cela. Contempler, c’est communier. C’est faire advenir la beauté. Chaque expérience de la beauté,
si brève dans le temps tout en transcendant le temps, nous restitue chaque fois la fraîcheur du premier matin
du monde. C’est cela la beauté de Noël !
La bonté de Dieu
À Noël, la bonté de Dieu se montre à nous totalement. La source de la bonté est le Christ né dans la grotte
de Bethléem, pauvre et démuni. Gardons cela dans notre coeur afin de ne pas être tentés de « fêter Noël sans
le Christ », d’oublier l’auteur du Don par excellence.
Notre vie serait tout autre si nous sachions nous communiquer continuellement la bonté les uns aux autres ?
En pratiquant la bonté nous témoignons de Celui qui est la Bonté en personne.
Noël est une fête de la bonté. Nous vivons dans une époque et une société où nous croyons souvent que tout
nous est dû, que tout ce que nous avons nous appartient et que nous ne devons rien à personne.
La bonté et l’amour ont rendu le Fils de Dieu pauvre pour nous. Mais sa pauvreté est en fait d’une grande
richesse. Parce que la bonté change le coeur de l’homme, le rend lumineux et le purifie des mauvaises
pensées.
La fête de Noël nous invite à cultiver la bonté et l’amour dans nos familles et dans les communautés où chacun
de nous vit.
Il convient donc de faite attention à Celui qui se trouve au centre de notre célébration de Noël. Ne vivons pas,
nous chrétiens, comme si le Christ n’était pas venu au monde, apportant paix, bonté et bienveillance. Avec la
venue de Dieu dans notre condition humaine, notre vie est renouvelée, recréée. La nativité est donc l’occasion
d’un renouvellement. Le Christ a-t-il la place qui lui convient dans notre coeur ?
Que cette interrogation résonne au cours de cette eucharistie.
Amen !
Mgr Hubert HERBRETEAU
Cathédrale Saint-Caprais à Agen, le mercredi 25 décembre 2019

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies

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