Homélie Abbé Jérôme : dimanche 5 décembre 2021

Publié le 6 Décembre 2021

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Pour nous orienter dans cette deuxième semaine de l’Avent, je nous inviterai à 3 mouvements que l’on pourrait résumer en 3 verbes : préparer, quitter, revêtir.

1. Préparer

Accomplissant la prophétie d’Isaïe, Jean le Baptiste insiste : « Préparez le chemin du Seigneur ».  Depuis plusieurs semaines déjà les vitrines des commerces orientent nos achats vers Noël … Nous apprêtons nos maisons : décorations, ménage, confection de la crèche et du sapin. Notre préparation à la fête de Noël ne peut pas être qu’extérieure. A Noël, nous fêterons notamment la venue de Jésus dans notre existence. Tout-petit, humble et pauvre, rejeté, il naît aujourd’hui, dans ma vie ! Il nous faut donc préparer le chemin qui le conduit à notre quotidien. Les illuminations ne peuvent pas être qu’extérieures, dans nos rues, dans nos jardins, sur les façades des maisons, à nos fenêtres en ce 8 décembre. Préparer le chemin du Seigneur, c’est notamment se laisser illuminer de l’intérieur … Laissons-nous toucher par ce mystère de Dieu qui nous rejoint. Il emprunte en nous le chemin de la prière, le chemin du silence, le chemin de la bienveillance, le chemin de la paix, le chemin de la charité.  

Associons une vertu à ce premier mouvement : la persévérance. Peut-être avons-nous déjà abandonné nos résolutions d’Avent … Peut-être ne les avons-nous pas encore prises … Peut-être ne songeons-nous pas, cette année, à faire dans nos maisons la crèche … Persévérons dans la prière et le silence, dans la bienveillance et dans la paix, persévérons dans la charité.

2. Quitter

Le prophète Baruc, nous invite avec Jérusalem à quitter notre robe de tristesse. Chers amis, il y a sans doute en nous et autour de nous, bien des raisons de porter un habit de tristesse. La violence traverse notre société et peut traverser aussi notre cœur. Le découragement peut nous habiter tandis que frappe la 5ème vague de cette épidémie. La difficulté à discerner la vérité peut nous enfermer dans une interrogation permanente et un manque de confiance dans la parole publique, religieuse, médicale, scientifique. Nous sommes peut-être confrontés à la maladie ou le deuil. Nous nous inquiétons pour l’avenir de nos jeunes et nous avons peur pour nos lendemains. Qu’est-ce qui nous habille de tristesse ? Je nous invite en ce début de semaine, à nommer nos tristesses et à les déposer au pied de la mangeoire de Bethléem. Oui, c’est un enfant qui va nous être donné. Peut-on résolument l’attendre dans le vêtement de tristesse.

A ce deuxième mouvement, je nous invite à associer la vertu de joie. C’est la joie qui doit transparaître de notre intelligence, de nos paroles, de nos gestes, de notre cœur.

3. Revêtir  

Le prophète poursuit en nous invitant à revêtir la parure de la gloire de Dieu. J’aime à rappeler que le vêtement dans la Bible manifeste l’identité de celui qui le porte. Au jour de notre baptême, nous avons revêtu le Christ. Quelle parure ! Cette parure n’est faite ni d’étoffes précieuses ni de fil d’or. Elle se constitue d’une personne : le Christ Jésus, lui-même. Interrogeons-nous : comment laissons-nous le Christ nous revêtir ? Peut-être préférons-nous qu’il nous vêtisse d’un habit court, bras et mains nus … afin qu’il n’habite pas nos gestes. Peut-être préférons-nous qu’il n’habille pas nos pieds, préférant aller comme bon nous semble, loin de lui, loin de notre devoir d’état … Peut-être préférons-nous qu’il ne nous recouvre pas la tête de son casque de salut, de son parfum de bonne odeur qui rejaillit sur nos paroles ou nos pensées. Baptisés, laissons le Christ nous revêtir même quand il s’agit de mettre sur nos épaules le vêtement de sa croix. 

Associons à ce troisième mouvement : la vertu de justice. Nous avons été marqués de l’huile royale du salut pour pratiquer la justice et plus spécialement auprès des plus pauvres. Il est juste de faire mémoire de notre vêtement, de nous rappeler que nous sommes au Christ. Il est juste de partager avec celui qui manque. Il est juste de prendre soin de la création en prenant soin du petit devant notre porte. Il est juste d’ouvrir notre vie au pardon.

Frères et sœurs, que cette 2ème semaine de l’Avent nous porte à préparer le chemin du Seigneur dans la persévérance, quittant notre robe de tristesse pour nous laisser habiter par la joie de la venue du Sauveur, revêtant le Christ pour pratiquer la justice.

Amen !                                                Votre Abbé, Jérôme

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies, #Vie de la paroisse

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