Publié le 26 Mars 2014

mainsComme les disciples s'étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas une lettre, pas un seul petit trait ne disparaîtra de la Loi jusqu'à ce que tout se réalise. Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le Royaume des cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera sera déclaré grand dans le Royaume des cieux. »

 

 

Voilà un texte qui pourrait faire peur. A partir de là, qui peut se sentir juste face à Dieu ? Je ne suis même pas le plus petit dans le Royaume des cieux ! On m’a appris, dans mon jeune âge, ce qu’était un petit commandement, associé à un péché véniel, et un grand commandement, associé à un péché qui vraiment, coupe la relation à Dieu, mais j’ai toujours trouvé cette distinction un peu factice, car la nature du péché est justement d’induire, par conséquences plus ou moins directes, cette rupture. On m’a appris une règle morale, intangible, qui pendant de longues années (notamment l’adolescence et ses bouleversements biologiques) m’a donné l’impression d’être totalement impur malgré les efforts que je faisais. Impur, donc indigne, etc., etc. Or c’était précisément là le péché qui me coupait de Dieu…

Jusqu’au jour où j’ai compris ce que si Jésus affirmait « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir » ce n’était pas pour lui-même, une fois dans l’histoire, mais pour nous, une fois pour toutes. En accomplissant la Loi à travers le don de sa vie il disait l’infinie Miséricorde de Dieu, et il tuait dans l’œuf les conséquences de cette coupure dont je suis coutumier. Même si je ne peux m’empêcher de tomber, c’est dans ses bras que je tombe. Le Malin pourra toujours tenter de me faire dévier dans ma chute, c’est mon désir qui fait la cible ultime de ma course, et là, il n’y peut rien. Et puis… Jésus, Lui, ne lâchera jamais.

Pas une lettre, pas un seul petit trait ne peut disparaître de mon désir si, même en tombant, je garde ma main solidement accrochée à celle du Christ. Il est fort possible, et même probable que je me fasse mal, parfois très mal, mais ce ne sera jamais fatal, je serai toujours rétabli comme fils héritier dans le projet de Dieu, qui a pour chacun un but unique : la sainteté.

Catholique, le sacrement de réconciliation n’est pas le moment où, flagellant tête basse, je dépose mon bilan, toujours dans le rouge. C’est surtout le moment d’une joie immense, où je vais rendre grâce de cette royauté qui m’est échue, partagée avec tous les miens, où sous l’épiclèse 1 je me sens porté par les bras du Christ jusque dans les bras du Père, dans les bras de ce Dieu qui a gravé mon nom dans la paume de sa main un certain vendredi, et j’exulte au fond de moi en disant : même s’il m’arrive de perdre le combat, Toi, Tu l’as gagné une fois pour toutes, en « nous aimant jusqu’à l’extrême» (Jn13.1) Tu as tout accompli.

« le Seigneur fit pour moi des merveilles, saint est son Nom »

     1- Geste du prêtre, joignant les mains au dessus du pénitent en invoquant l’Esprit saint, juste avant les paroles d’absolution. On retrouve ce geste pratiquement dans tout sacrement : sur le pain et le vin lors de la prière Eucharistique, sur la tête d’un catéchumène lors du baptême, lors du sacrement des malades ou de l’ordination sacerdotale

 

                                                                                  D.P

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Evangile du jour

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