Publié le 13 Août 2014

Jésus disait à ses disciples : « Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S'il t'écoute, tu auras gagné ton frère. S'il ne t'écoute pas, prends encore avec toi une ou deux personnes afin que toute l'affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à la communauté de l'Église ; s'il refuse encore d'écouter l'Église, considère-le comme un païen et un publicain. Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.

Encore une fois, je vous le dis : si deux d'entre vous sur la terre se mettent d'accord pour demander quelque chose, ils l'obtiendront de mon Père qui est aux cieux. Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »

Montrer sa faute à quelqu’un n’est pas chose aisée. Nous ne sommes pas chez les bisounours : il est des cas où il faut réagir avec fermeté. Mais même dans ces cas-là, le côté « accusateur-moralisateur » n’a jamais été un très bon habit pour l’Eglise. Cela la drape dans une justice qui n’est pas la sienne, car personne n’est juste. Si l’Eglise est sainte, c’est pour d’autres raisons : la sainteté, n’est pas un état, mais un chemin, une orientation. Et justement, montrer sa faute à quelqu’un, ce n’est pas l’accuser, c’est lui montrer un autre chemin. Tant qu’il n’aura pas changé sa manière d’être, il ne pourra pas changer d’orientation profonde.

Montrer l’exemple ? Peut-être, mais en prenant garde que cela ne soit pas ostentatoire : « tu vois, moi, au moins, comment je m’y prends ? » alors que nous ne sommes pas des modèles. L’exemple peut plutôt être « j’éprouve les mêmes difficultés, mais voici comment j’aimerais m’y prendre, à la suite du Christ ». Et l’on voit bien qu’il s’agit là d’une orientation, renforcée si plusieurs peuvent porter ce témoignage, et si l’Eglise en vit. : mais il faut le vivre dans la joie, et non dans la crispation ou l’élitisme.

Mais même pour en arriver là, il faut un préalable, celui de la « caritas », la tendresse. On peut dire beaucoup de choses en se faisant proche de la personne à qui l’on veut parler. Et l’attirer, alors, vers d’autres raisonnements, d’autres conceptions de la vie. La première chose à faire est de comprendre les souffrances de chacun, de tenter cette écoute attentive, et même attentionnée.

Alors seulement peut se dire un pardon qui relève, c'est-à-dire qui rend à la personne sa vérité. Et cela ne peut se faire que sans « captation », qu’elle soit individuelle et affective, ou partisane et collective. Car ce qui est commun à toutes les manières d’être, c’est l’absolue liberté qui donne à notre humanité sa grandeur.

L’Eglise n’a cessé de dire au monde la grandeur de l’homme, dans tous les combats qu’elle a menés. Car dire sa faute à quelqu’un, c’et avant tout lui rappeler qu’il est plus grand qu’il ne le croit.

Bonne nouvelle ?

Mt 18, 15-20

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Evangile du jour

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