Jn 10, 1-10

Publié le 22 Avril 2013

Jésus parlait ainsi aux pharisiens : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans la bergerie sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit. Celui qui entre par la porte, c'est lui le pasteur, le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. Quand il a conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête, et elles le suivent, car elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un inconnu, elles s'enfuiront loin de lui, car elles ne reconnaissent pas la voix des inconnus. » Jésus employa cette parabole en s'adressant aux pharisiens, mais ils ne comprirent pas ce qu'il voulait leur dire. C'est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : je suis la porte des brebis. Ceux qui sont intervenus avant moi sont tous des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés. Moi, je suis la porte. Si quelqu'un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra aller et venir, et il trouvera un pâturage. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et détruire. Moi je suis venu pour que les hommes aient la vie, pour qu'ils l'aient en abondance. »

 

Lisant ce texte, je ne peux m’empêcher de penser à Ap 3.20 : « Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre, je prendrai mon repas avec lui et lui avec moi ». Dieu ne rentrera jamais dans notre domaine privé si nous ne l’y autorisons pas. Il n’est ni voleur ni violeur, sa toute puissance d’amour est toute en chasteté et en respect. Tout prosélytisme fondé sur la séduction, l’appât, ou la menace, sont une destruction de notre capacité de croire et d’aimer. Le Christ, lui, ne veut que nous aider à nous construire, mais n’ose le faire qu’à la mesure de l’ouverture que nous lui offrirons. Pour cela, il nous invite à sortir. Sortir de ce qui nous fait si confortablement tourner en rond sans avancer, le brouillard des habitudes. Mais aussi, s’il parle aux pharisiens, c’est qu’il s’adresse à nos pharisianismes : il veut nous sortir de nos préjugés, de nos désirs de briller, de nos peurs du qu’en dira-t-on, de nos autosatisfactions. C’est le prix de la liberté des enfants de Dieu grâce à laquelle nous pourrons aller et venir, et sortir vers les « verts pâturages » du Ps 22. Surprise alors, l’herbe qui semble y pousser,, c’est… « la vie, et la vie en abondance » Car la vie en plénitude, c’est cette liberté d’« aller et venir ». Aller à la rencontre du monde en vérité, en sortant de nous-mêmes et dans le même mouvement entreSans-titre.JPGr dans la vérité de soi-même pour rendre grâce. Simultanéïté de la rencontre de l’autre et de la prière. La vie en plénitude, c’est cette présence à l’autre dilatée par la Présence de Celui qui en nous s’est fait porte sur une autre manière de regarder et d’écouter, porte sur l’émerveillement. Entendre le Christ frapper à la porte, c’est constater qu’il est lui-même la porte, qu’il était là, amoureux discret, sans que nous l’ayons encore reconnu, et c’est pourquoi nous le reconnaissons si bien. Nous reconnaissons ces coups qui ne se lassaient pas, comme le battement d’un cœur… Nous nous y étions habitués, avant de réaliser que ce cœur était amoureux. Le son émis devient tout à coup comme une voix qui prononce, comme pour Marie Madeleine, notre Nom d’éternité, gravé sur ce fameux caillou blanc (Ap2.17). L’éternité s’invite dans l’instant, et dès lors chaque rencontre du temps devient la Rencontre. La simultanéité du va et vient change de sens : c’est la prière « dans la chambre haute » qui se pare de chaque rencontre du jour comme de fleurs cueillies dans le pâturage. Notre vie est un bouquet offert, qui fait de nous cette « offrande vivante » de Rm12.1.

                                                                                  D.P.

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Evangile du jour

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