Jn 16, 23b-28

Publié le 11 Mai 2013

À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Amen, amen, je vous le dis : si vous demandez quelque chose à mon Père en invoquant mon nom, il vous le donnera. Jusqu'ici vous n'avez rien demandé en invoquant mon nom ; demandez, et vous recevrez : ainsi vous serez comblés de joie. J'ai employé des paraboles pour vous parler de tout cela. L'heure vient où, sans employer de paraboles, je vous annoncerai ouvertement tout ce qui concerne le Père. En ce jour-là, vous demanderez en invoquant mon nom ; or, je ne vous dis pas que c'est moi qui prierai le Père pour vous, car le Père lui-même vous aime, parce que vraiment vous m'aimez, et vous croyez que je suis venu d'auprès de Dieu. Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père. »

 

Paul dira « l'Esprit-Saint vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables » (Rm 8.26).

C’est ce qu’affirme Jésus : nous sommes assez grands pour prier le Père, adultes dans la foi, dès lors que nous aurons reçu l’accomplissement de la promesse de l’Esprit. Alors cela vaut le coup de s’arrêter un peu à elle. Cette promesse est enceinte de deux conséquences immédiates, qui nous disent la nature même de la Pentecôte.

La première c’est de découvrir que si l’on y regarde bien, les Paraboles ne sont pas des contes moralistes :main-tele.JPG toutes sont des approches du Père. Et par l’Esprit, nous pouvons « traverser l’écran », et avancer au delà. Car l’Esprit nous plonge dans l’expérience de l’Amour reçu, l’espérance du « Shema Israël », cette promesse d’aimer Dieu parce que, L’écoutant, nous nous découvrons infiniment aimés de Lui.

En découle une découverte : notre nature de fils et filles. Ce n’est plus une idée, ce ne sont plus des mots appris, c’est la confrontation avec une réalité imparable. La première fois que l’on m’a expliqué que, par le baptême, j’étais devenu un autre Christ, j’ai cru à une farce. Or il s’agit exactement de cela. Non pas pour se passer de Lui, Le mettre à l’écart, au contraire : pour Le mettre au cœur, comme Le Frère sans lequel nous sommes arrachés à nous-mêmes.

L’invoquer, c’est exactement cela. Ce n’est pas y faire référence par une formule liturgique surannée, mais le fait de comprendre au plus intime que lorsque nous prions, nous ne sommes jamais seuls, nous sommes totalement unis à Lui par les « cris inexprimables » de l’Esprit. Et cela, pour chacune de ses prières, depuis ses exultations « tu es béni, Père, parce que ce que tu as caché aux sages et aux savants… », puis son intercession pour telle ou telle personne qui l’implorait, jusqu’à Gethsémani ou son dernier cri sur la croix au nom de l’humanité.

C’est une grande responsabilité qui me bouleverse profondément à chaque fois qu’une personne, qui se croit vacillante dans la foi, me demande de prier pour elle. Aurais-je un pouvoir qu’elle n’a pas ? Evidemment la question est autre, mais à chaque fois, je me dis « qui suis-je pour cela ». La réponse est simple : Tu es le frère du Christ, fils de Dieu toi-même ! Non pas par mérite bien sûr, mais par cadeau inouï, par le fait que l’Esprit se fait en toi capacité de prier, d’aimer, de te réjouir, et de vivre dans la liberté du Fils.

                                                                             Denis P.

 

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Evangile du jour

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