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Publié le 29 Octobre 2022

Homélie du 16 octobre 2022, 29ème Dimanche du Temps Ordinaire, Abbé Jérôme POMIÉ

Homélie du 16 octobre 2022, 29ème Dimanche du Temps Ordinaire, Abbé Jérôme POMIÉ

Frères et sœurs dans le Christ Jésus.

Nous ne pouvons être que profondément touchés par l’interrogation de Jésus qui conclut le passage de l’Evangile que nous venons d’entendre : « Le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Le Fils de l’homme est une appellation du Messie, c’est le Seigneur Jésus. Tandis que dans un instant, 4 jeunes vont recevoir de leurs aînés les mots de la foi dans le symbole des apôtres, permettez-moi de retracer ce matin le chemin de la foi en nous : accueillir, garder, transmettre.

1 – Accueillir

La foi n’est pas une pensée personnelle. Bien sûr qu’il peut y avoir en nous de bonnes intuitions sur Dieu et sur les mystères sacrés. La foi me dépasse et dépasse ma propre intelligence, et sur Dieu que je ne vois pas, je peux me tromper. La foi est reçue de la Tradition de l’Eglise qui en puise la source dans le témoignage des Apôtres au lendemain de l’événement de Pâques-Pentecôte : « ce Jésus qui est passé en faisant le bien, vous l’avez crucifié, Dieu l’a ressuscité pour notre salut ! » pour que nous devenions enfants bien-aimés du Père. Les Apôtres nous l’annoncent et depuis 2000 ans, l’élan missionnaire de l’Eglise, jusqu’à nous, garde intact le contenu de la foi. Au long des âges, théologiens, spirituels, papes ont explicité le message des apôtres. Et nous-mêmes, nous sommes pris dans cet élan de la Tradition qui, par l’Esprit Saint se poursuit jusqu’à nous. Nous devons accueillir humblement cette foi : elle est un don de Dieu. Accueillons-la dans son entièreté, sans tout comprendre ; avec nos doutes peut-être, nos limites, mais aussi grâce à ce que notre intelligence peut en percevoir et avec ce qui germe dans notre cœur au point de nous faire adhérer en conscience à la foi.

2 – Garder

« Demeure ferme dans ce que tu as appris » exhortait Paul à Timothée. Timothée, ce matin, c’est chacun de nous. Accueillons fermement la foi de l’Eglise, mais surtout restons fermes dans l’adhésion entière de nos intelligences à cette foi. Adhérer à la foi, ce n’est peut-être pas tout saisir, tout comprendre à l’instant « t », mais c’est voir avec le cœur. Il y a un lien étroit entre foi et amour. Si nous croyons, si nous adhérons à la foi, c’est parce qu’on aime Dieu et qu’on fait confiance à l’Eglise dans sa réception et sa transmission de la foi. Cependant, pour demeurer dans la foi, nous devons continuer à la nourrir. Nous la nourrissons par notre prière personnelle, mais aussi dans la célébration communautaire, et les sacrements en font partie. La prière et les sacrements nourrissent notre foi et la font croître. Prions sans nous décourager comme nous y invitait l’Evangéliste Saint Luc, ce dimanche. Mais garder la foi, c’est aussi continuer à éclairer notre intelligence pour donner les mots de la foi à notre capacité intellectuelle. Peut-on se contenter, adultes, de se raccrocher aux souvenirs du catéchisme de notre enfance ?

3 – Transmettre

Alors, quand viendra Jésus ? Un scoop … !!! Il vient à chaque instant dans nos vies. Il vient dresser sa tente là où est notre cœur ou notre intelligence, là où sont nos occupations, nos intérêts, nos joies ou nos tristesses. Et là peut-il y trouver la foi … ? Saint Paul, l’Apôtre des nations, n’était pas présent au cénacle le soir du Jeudi Saint et pourtant il écrit les paroles que nous retrouvons à la prière de consécration de la messe. Il insiste : « je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu ».  Notre mission de baptisés-confirmés s’insère dans la Mission de l’Eglise. Cette mission est de répandre le Christ Ressuscité sur toute la surface du globe (pour le moment) et dans tous les milieux.  Transmettre la foi, c’est être témoins du Christ dans notre quotidien, et c’est le slogan de cette semaine missionnaire : « Vous serez mes témoins ». Transmettre sa foi, c’est accorder sa vie à l’Evangile. Transmettre sa foi, c’est mettre la charité au cœur de nos vies. Transmettre sa foi, c’est – parfois avec prudence – refléter l’amour du Christ et, si c’est possible, l’annoncer. Transmettre sa foi, c’est vivre connecté à l’Esprit Saint : c’est lui qui fait de nous les témoins.

Théo, Xavier, Timothée et Valentin, vous vous engagez aujourd’hui dans l’aventure de la foi … Accueillez la foi de l’Eglise, gardez-la, transmettez-la.

Accueillir, garder, transmettre ne correspondent pas à 3 temps, 3 âges de notre histoire mais les trois s’imbriquent dans notre quotidien. C’est chaque jour que nous devons accueillir la foi, la garder, la transmettre. L’Esprit Saint est notre compagnon dans ce chemin de la foi en nous.

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 10 Octobre 2022

Homélie de l’Abbé Jérôme du dimanche 10 octobre, Fête des Saints fondateurs

Chers catéchumènes, chers enfants, chers grands,

 

Nous célébrons donc aujourd’hui les saints fondateurs de notre Eglise d’Agen. Notre première lecture racontait le martyr du diacre Etienne. Pourquoi cette lecture ? Saint Etienne est le patron de notre Diocèse. L’ancienne cathédrale d’Agen portait son nom.

Comme les saints fondateurs, Caprais, Foy, Alberte, Prime, Félicien, Vincent (diacre dont la statue est ici dans le chœur ce matin), Maurin, Bazeille, Livrade, Phébade, Dulcide, ce passage de l’Ecriture peut açonner nos vies selon 2 formes : le service et le témoignage. Soyons serviteurs et témoins !

  1. Serviteurs

Etienne (dont il est question dans notre première lecture) était diacre. Et ce terme diacre en grec peut être traduit par serviteur. Les diacres sont appelés à seconder les Apôtres pour permettre à ces derniers d’assumer pleinement leur tâche d’annonceurs de la Bonne-Nouvelle. La mission des diacres commence par le service des tables … Et ce n’est pas un petit service, puisque pour l’accomplir, ils reçoivent l’imposition des mains de la part des apôtres.

La tâche des diacres nous enseigne qu’il n’y a pas de petit service. Et peut être aussi si les apôtres, les grands apôtres ordonnent des diacres, c’est pour nous rappeler qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi.

Cette semaine, quel service puis-je rendre autour de moi, en écho à ce dimanche ?

  1. Témoins

Nous avons entendu le passage du martyre d’Etienne. Un martyr, c’est un croyant qui, à cause de sa foi en Dieu - et conduit par l’Esprit Saint - ne craint pas de donner sa vie pour Jésus jusqu’à la mort. Martyr, toujours un terme grec, se traduit aussi par témoin.

Des personnes, aujourd’hui, sont tuées à cause de leur foi. Ces dernières années, en France, un prêtre a été assassiné pendant qu’il célébrait la messe. Des personnes, dans une église à Nice, ont perdu la vie parce qu’elles étaient chrétiennes.

Mais dans notre quotidien nous devons témoigner de Jésus, témoigner de lui par de bonnes et belles actions, en accomplissant humblement nos devoirs, en prenant du temps seul ou en famille pour prier. Et il peut nous arriver d’être moqué ou insulté parce que l’on va à la messe ou au caté.

Etre témoins suppose du courage et des efforts. Nous les recevons de l’Esprit Saint.

Comment suis-je témoin au quotidien ?

 

Pour être serviteurs et témoins du Christ, nous avons besoin de la messe, pour constituer ensemble le Corps du Christ qui écoute la Parole de Dieu et qui communie au Corps eucharistique.

 

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 2 Octobre 2022

Homélie du 2 octobre 2022, 27ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Homélie du 2 octobre 2022, 27ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Dimanche dernier, je consacrais une partie de mon homélie à la miséricorde. Cette thématique est présente dans l’oraison (prière) d’ouverture de cette messe : « répands sur nous ta miséricorde … ». Je nous invite donc à 3 pistes de réflexions à partir de cette miséricorde qui se répand en nous : foi, don, service.

  1. Foi :

Les apôtres sont les témoins de la miséricorde divine, non seulement à travers l’appel qu’ils ont reçu, avec leurs limites, leurs épreuves, leurs fragilités et leurs péchés. Mais aussi à travers les signes et les miracles qu’opère Jésus devant eux.

Alors, on pourrait s’interroger, ont-ils besoin de demander au Seigneur d’augmenter leur foi ? Jésus est venu bouleverser en eux l’assurance de leur foi, en abordant la question de la croix, la question de l’amour préférentiel à son égard, la question de l’argent. Pour accepter de tout quitter, de prendre sa croix, de renoncer aux biens de ce monde, il faut une sacrée dose de foi. Il ne s’agit pas de quelques croyances pour se faire plaisir, pour suivre un mouvement ou une mode, pour se trouver des « potes ». Il ne s’agit pas d’une réflexion personnelle, formée par l’intelligence humaine. Les apôtres ont besoin de la foi qui vient de Dieu, qui est surnaturelle, celle qui rend possible dans la vie de l’homme ce qui semblait impossible, « car rien n’est impossible à Dieu ». Tandis qu’on ne sait plus à quoi ressemble une graine de moutarde, ni même un pot de moutarde d’ailleurs, à l’heure de l’augmentation des prix de l’énergie, de l’alimentation, des salaires peut-être, profitons, chers amis, de demander au Seigneur d’augmenter en nous la foi, cette augmentation-là, elle est gratuite : « Augmente en nous la foi ! ».

  1. Don :

La foi est un don de Dieu que nous recevons à notre baptême (vertu théologale). Nous devons la faire fructifier. Le doute et la recherche pour en sortir, pour approfondir les mystères, peuvent servir à faire grandir notre foi. En revanche, nous pouvons étouffer la foi en nous. Nos péchés et l’enfermement qu’ils produisent en nous atrophient notre conscience et asphyxient notre foi. Il est bon de raviver en nous la foi. La prière, l’écoute et le partage de la Parole de Dieu, le recours au sacrement de la confession et de l’eucharistie dans la messe, servent à raviver la foi.

Mais l’apôtre rappelle ce que nous avons reçu lors de l’imposition des mains. Je nous invite à faire mémoire de notre confirmation. Ravivons en nous la force de l’Esprit Saint reçu à la Pentecôte de notre confirmation. La force nous pousse de l’être disciple à l’être missionnaire. Elle nous donne le courage de passer de la pudeur de la foi à l’annonce de la Bonne-Nouvelle. Elle est cette force qui nous fait sortir de nos habitudes casanières au risque de proposer l’Evangile. Cette force nous fait passer du remord désespérant au regret, qui nous rend capable de conversion. Cette force nous fait passer de la haine au pardon, de la peur de l’autre à la fraternité humaine. Cette force doit être ravivée en nous avec la pondération. La pondération porte pour vêtement le discernement, elle se chausse de la prudence, elle parle parfois le langage du silence.  Nous ne pouvons pas nous priver du sacrement de la Confirmation.

  1. Service :

Saint Paul nous invitait à raviver en nous l’amour. L’amour-charité, avec la foi et l’espérance est dispensé en nos âmes par l’Esprit Saint au jour de notre Baptême. L’Esprit Saint qui vient habiter toutes les dimensions de notre cœur, conscience ou affect, de notre corps, de nos activités, de nos projets, par la confirmation est un Esprit d’amour.

Le raviver, c’est prendre conscience que notre vie n’a de sens que lorsqu’elle est donnée. Prenons le temps chers amis de faire mémoire des dons de nous-mêmes que nous avons opérés dans notre histoire : vocation, missions, engagements … Nous avons tout quitté pour le suivre dans une voie particulière. Le poids du temps, la difficulté parfois dans les relations humaines, peuvent avoir jeté un brouillard sur cette voie. Au début, cette voie nous semblait royale, elle nous comblait de joie. Tout quitter pour le suivre, renoncer à bien des choses ne peut nous conduire à une voie sans issue.

La foi est donc nécessaire au service. Si on entend ici ou là, « trop bon, trop « biiiiiiiiip », il n’y a aucun regret à avoir dans ce qu’a produit autour de nous la bonté, notre bonté. Le service dans l’amour est nécessaire pour que croisse notre foi, pour que croisse autour de nous la foi. « Augmente en nous la foi » nous fait prendre le tablier du service. « Augmente en nous la foi » prend notre temps personnel pour le donner aux autres, nous fait renoncer à nos envies pour nous ouvrir aux pauvretés, aux fragilités, aux souffrances qui surgissent dans la vie de ceux que l’on rencontre. Puisque nous avons reçu le don de la foi gratuitement, acceptons d’accomplir gratuitement le service des frères. Voilà notre devoir.     Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 25 Septembre 2022

Homélie du 25 septembre 2022, 26ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C

Homélie du 25 septembre 2022, 26ème dimanche du Temps Ordinaire – Année C


Frères et sœurs dans le Christ Jésus, 
Dimanche dernier, l’Evangile s’achevait ainsi : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent ». Que cette « maxime » 
soit un trait d’union entre l’Evangile que nous venons d’entendre et mes propos. 
Pour faire retentir en nous l’écho de la Parole de Dieu, je me risquerai ce matin à 3 termes : Miséricorde – Riche – Croyant


1- Miséricorde :
Le logo qui illustre cette année ce temps de la création (du 1erseptembre au 4 octobre) reprend l’image du buisson ardent. 
Sur le Mont Horeb, Dieu s’adressait à Moïse dans le buisson ardent : « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est 
en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. » (Ex 3,14). La misère de 
l’homme, ses souffrances touchent Dieu en plein cœur. C’est tout le sens de « Miséricorde » : la misère du pauvre touche 
Dieu en plein cœur. C’est ce que signifie le nom de Lazare : de l'hébreu el'azar, « Dieu a secouru ». Dieu a secouru le 
pauvre et cette action même de Dieu qui dit sa miséricorde donne l’identité au pauvre. Le pauvre porte un nom. Il s’appelle 
Lazare, le riche n’a pas de nom.
Dieu vient au secours du pauvre, et dans une de ses béatitudes Saint Luc résumait : « Heureux, vous les 
pauvres : le royaume de Dieu est à vous ! » (Lc 6,20)
Si les vêtements du riche sont qualifiés, « pourpre et lin fin », Lazare est revêtu de ses propres ulcères que les chiens 
viennent lécher. Les festins somptueux du riche s’opposent à la faim du misérable Lazare qui gît devant le portail … La 
misère des Lazare de mon quotidien touche-t-elle mon cœur comme elle touche le cœur de Dieu : faim, soif, nudité, 
maladie, prison, migration, fin de vie, illettrisme, inégalités, injustices, famines, guerres … Les pauvres sont partout et 
Saint Vincent de Paul, dont c’est la fête cette semaine, nous le répèterait sans cesse : « les pauvres sont vos maîtres ». 


2- Riche :
Qui est donc ce riche de l’Evangile ? - heureux aujourd’hui, malheureux dans l’éternité. Saint Luc résumerait son existence 
ainsi : « Mais malheureux, vous les riches : vous avez votre consolation ! » Ce riche qui n’a pas de nom, c’est moi ; c’est 
toi ! C’est chacun de nous. Il n’y a qu’à constater le poids de nos poubelles, de nos gaspillages, de notre surconsommation, 
tandis que Lazare gît, ulcéré par notre mode de vie, devant notre portail. Nous sommes tous le riche d’un autre. Nous 
sommes riches lorsque nous sommes suffisants, que nous ne créons pas le manque dans nos existences ; quand tellement 
pleins de tout, non seulement nous sommes aveuglés pour voir le pauvre à nos pieds, mais en plus nous ne nous 
apercevons pas que nous avons mis Dieu à la porte de nos existences, ce Dieu dont la Parole, aujourd’hui, veut nous 
réveiller. 
Ce dimanche met encore en évidence l’épineuse question de l’argent : Dieu nous situe devant cette réalité. Elle n’est pas 
le cœur de nos vies mais elle est au cœur de nos existences. Puissions-nous voir le pauvre à notre porte ! Nous devons 
faire un choix : être des hommes et des femmes fraternels, ou des indifférents qui ignorent le Ressuscité en ignorant le 
pauvre !


3- Croyant :
Abraham est le père des croyants. Mais il y a dans notre foi bien plus qu’Abraham. Il y a son Dieu qui s’est fait son fils : 
Jésus lui-même. Sur son chemin de croix, son corps s’est rendu semblable à celui de Lazare. Rejeté, humilié, frappé, peut￾être même ignoré, il a connu la soif … Il a porté les souffrances du pauvre, il a pris l’habit du mendiant, quand bien même 
cet habit a été la nudité du condamné. Mais il est ressuscité et sa résurrection a transformé nos vies. Par notre baptême, 
nous sommes ressuscités, nous avons revêtus le Christ. Recherchons « la justice, la charité, la persévérance, la douceur ! » 
Saint Jérôme, que nous fêtons cette semaine, affirmait au sujet de l’Ecriture Sainte : « Ignorer les Ecritures c’est ignorer 
le Christ ». Ce dimanche l’Ecriture s’est faite Parole de Dieu. En écho à celle-ci, et en plagiant Saint Jérôme, permettez￾moi d’insister : ignorer le pauvre, c’est ignorer le Christ. Que la Parole de Dieu de ce jour ne nous décourage pas. Au 
contraire, elle est parole de vie, qu’elle soit pour chacun de nous parole de conversion.
Accueillons la réalité du pauvre comme sacrement. Le pauvre est le signe visible et efficace du Christ qui aime, du Christ 
qui nous appelle à aimer. Servons le Christ à travers le pauvre.
Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 11 Janvier 2022

Homélie de la Nativité du Seigneur, Veillée de Noël, 24 décembre 2021

Chers enfants, chers grands, 

Vous tous, frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Ecoutez … Ecoutez (on fait silence)

Entendez-vous ? Non ? Ecoutez le silence … Ecoutez le silence de la nuit de Noël …

Dans nos maisons, dans nos rues, dans nos centres commerciaux, nos oreilles, nos intelligences, nos vies s’habituent à des bruits en tous genres … Prenons-nous le temps parfois d’écouter le silence … ?

Cette nuit dans l’étable de Bethléem, Saint Joseph fait silence, silence pour admirer le petit enfant, silence pour adorer en lui le Dieu de toute éternité, dans lequel il a tant cru, et qui, par sa disponibilité, se donne à voir à ses yeux … Les yeux n’ont besoin ni de son, ni de bruit …

La Vierge Marie fait silence, silence pour contempler l’œuvre de Dieu, qui par amour de tous les hommes, de toutes les femmes, de tous les enfants, de chacun de nous, vient au monde grâce à elle. Dieu se fait homme en Marie. Elle aurait bien des raisons de faire « péter » le champagne… Mais non, la fête de la naissance n’a ni besoin des bruits de la vaisselle d’un grand restaurant, ni des chants d’une finale de football … Oups … de rugby, pardon …

Le silence de la Vierge Marie contemple l’humilité de Dieu …

Faire silence cette nuit … c’est faire taire autour de nous le vacarme de notre vie moderne, connectée … « Salut « gros », t’es où ? » … enceinte et écouteurs Bluetooth qui « crachent » 24h/24 musiques et informations plus ou moins bruyamment … Ecoutons le silence.

Faire silence cette nuit … c’est faire taire nos téléviseurs et nos ordinateurs, symboles de libération et de liberté … et si la liberté cette nuit c’était d’écouter le silence … Ecoutons le silence.

Faire silence cette nuit … c’est faire taire le grondement des armes, et des discordes entre voisins ou dans nos familles. Le prix de la différence entre les personnes et entre les peuples se situe dans le silence de la patience … Ecoutons le silence.

Faire silence cette nuit … c’est exiger dans la tête et dans le cœur de chacun que se taisent la jalousie, l’envie, la rivalité pour que jaillissent la joie et la paix de ce Nouveau-né … C’est faire taire en nous les remords … Ecoutons le silence.

Faire silence cette nuit, c’est taire les paroles blessantes qui sortent de notre bouche, les mensonges, les calomnies. C’est taire nos exagérations pour amuser la galerie, les plaintes insoutenables qui insultent ceux qui n’ont pas de mots pour dire leur souffrance, qui n’ont pas d’oreilles attentives pour entendre leurs misères. Ecoutons le silence.

Faire silence cette nuit,  c’est accueillir le silence de la Parole faite chair couchée dans cette mangeoire de Bethléem. Jésus parle dans le silence de la crèche … quelle paix profonde ! Ecoutons le silence.

Chers enfants, chers grands, il ne s’agit pas de faire silence afin d’éviter de réveiller le Nouveau-né, « chut … il dort ! ». Dieu dort ? Réveillons-le, nous avons besoin de sa paix, de son salut  … Notre silence porte toute notre vie. Cette vie que Dieu aime. Que notre silence le réveille !

A tous, Joyeux Noël !

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 6 Décembre 2021

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Pour nous orienter dans cette deuxième semaine de l’Avent, je nous inviterai à 3 mouvements que l’on pourrait résumer en 3 verbes : préparer, quitter, revêtir.

1. Préparer

Accomplissant la prophétie d’Isaïe, Jean le Baptiste insiste : « Préparez le chemin du Seigneur ».  Depuis plusieurs semaines déjà les vitrines des commerces orientent nos achats vers Noël … Nous apprêtons nos maisons : décorations, ménage, confection de la crèche et du sapin. Notre préparation à la fête de Noël ne peut pas être qu’extérieure. A Noël, nous fêterons notamment la venue de Jésus dans notre existence. Tout-petit, humble et pauvre, rejeté, il naît aujourd’hui, dans ma vie ! Il nous faut donc préparer le chemin qui le conduit à notre quotidien. Les illuminations ne peuvent pas être qu’extérieures, dans nos rues, dans nos jardins, sur les façades des maisons, à nos fenêtres en ce 8 décembre. Préparer le chemin du Seigneur, c’est notamment se laisser illuminer de l’intérieur … Laissons-nous toucher par ce mystère de Dieu qui nous rejoint. Il emprunte en nous le chemin de la prière, le chemin du silence, le chemin de la bienveillance, le chemin de la paix, le chemin de la charité.  

Associons une vertu à ce premier mouvement : la persévérance. Peut-être avons-nous déjà abandonné nos résolutions d’Avent … Peut-être ne les avons-nous pas encore prises … Peut-être ne songeons-nous pas, cette année, à faire dans nos maisons la crèche … Persévérons dans la prière et le silence, dans la bienveillance et dans la paix, persévérons dans la charité.

2. Quitter

Le prophète Baruc, nous invite avec Jérusalem à quitter notre robe de tristesse. Chers amis, il y a sans doute en nous et autour de nous, bien des raisons de porter un habit de tristesse. La violence traverse notre société et peut traverser aussi notre cœur. Le découragement peut nous habiter tandis que frappe la 5ème vague de cette épidémie. La difficulté à discerner la vérité peut nous enfermer dans une interrogation permanente et un manque de confiance dans la parole publique, religieuse, médicale, scientifique. Nous sommes peut-être confrontés à la maladie ou le deuil. Nous nous inquiétons pour l’avenir de nos jeunes et nous avons peur pour nos lendemains. Qu’est-ce qui nous habille de tristesse ? Je nous invite en ce début de semaine, à nommer nos tristesses et à les déposer au pied de la mangeoire de Bethléem. Oui, c’est un enfant qui va nous être donné. Peut-on résolument l’attendre dans le vêtement de tristesse.

A ce deuxième mouvement, je nous invite à associer la vertu de joie. C’est la joie qui doit transparaître de notre intelligence, de nos paroles, de nos gestes, de notre cœur.

3. Revêtir  

Le prophète poursuit en nous invitant à revêtir la parure de la gloire de Dieu. J’aime à rappeler que le vêtement dans la Bible manifeste l’identité de celui qui le porte. Au jour de notre baptême, nous avons revêtu le Christ. Quelle parure ! Cette parure n’est faite ni d’étoffes précieuses ni de fil d’or. Elle se constitue d’une personne : le Christ Jésus, lui-même. Interrogeons-nous : comment laissons-nous le Christ nous revêtir ? Peut-être préférons-nous qu’il nous vêtisse d’un habit court, bras et mains nus … afin qu’il n’habite pas nos gestes. Peut-être préférons-nous qu’il n’habille pas nos pieds, préférant aller comme bon nous semble, loin de lui, loin de notre devoir d’état … Peut-être préférons-nous qu’il ne nous recouvre pas la tête de son casque de salut, de son parfum de bonne odeur qui rejaillit sur nos paroles ou nos pensées. Baptisés, laissons le Christ nous revêtir même quand il s’agit de mettre sur nos épaules le vêtement de sa croix. 

Associons à ce troisième mouvement : la vertu de justice. Nous avons été marqués de l’huile royale du salut pour pratiquer la justice et plus spécialement auprès des plus pauvres. Il est juste de faire mémoire de notre vêtement, de nous rappeler que nous sommes au Christ. Il est juste de partager avec celui qui manque. Il est juste de prendre soin de la création en prenant soin du petit devant notre porte. Il est juste d’ouvrir notre vie au pardon.

Frères et sœurs, que cette 2ème semaine de l’Avent nous porte à préparer le chemin du Seigneur dans la persévérance, quittant notre robe de tristesse pour nous laisser habiter par la joie de la venue du Sauveur, revêtant le Christ pour pratiquer la justice.

Amen !                                                Votre Abbé, Jérôme

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies, #Vie de la paroisse

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Publié le 6 Décembre 2021

Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies, #Les jeunes, #Vie de la paroisse, #vie du diocèse

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Publié le 27 Juin 2021

Homélie du 27 juin 2021 –

Frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Par grâce, nous sommes devenus des fils de lumière. L’erreur peut nous plonger dans la nuit. Ezéchiel remarquait : « c’est par la jalousie du diable que la mort est entrée dans le monde ». Nous devons mener le combat spirituel afin de ne pas tomber dans l’obscurité de la mort. Le Christ est notre lumière. En lui est la plénitude de la vie. Pour Saint Grégoire de Nysse la vie chrétienne se caractérise par trois choses : « l’action, la parole, la pensée ».

 

1 – la pensée (de laquelle découlent les 2 autres)

Notre pensée chrétienne est formée par la révélation divine. Notre pensée reçoit la connaissance de Dieu du Christ Parole, à partir des Saintes Ecritures. Notre pensée acquiert et nourrit sa foi dans les symboles de foi de l’Eglise. Notre pensée entre en dialogue avec le Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint, dans la prière. Prier ce n’est pas seulement dire un tas de choses, c’est faire silence en nous, pour que dans ce silence, l’amour de Dieu puisse se répandre en nous. Notre pensée se forme en recevant la loi naturelle ou la loi morale.

Notre pensée est sans cesse sollicitée par les bruissements du monde qui nous entoure. Elle reçoit beaucoup d’informations qu’elle doit classer, discerner, refuser ou développer. Notre pensée s’émerveille des joies, des bonnes nouvelles qui nous touchent. Elle n’est pas insensible au mal physique, psychique, moral, affectif, sociétal qui touche notre personne, notre famille, la société. Devant le mal, ce qui conduit au mal et l’auteur du mal, notre pensée de chrétien doit résolument se tourner vers le Christ, approcher le Christ, vouloir de lui guérison et  vie.

 

2 – la parole

Notre parole doit donc se faire l’écho de la présence du Christ en nous. Elle doit être empreinte de charité et de miséricorde. S’il est vrai qu’il n’y a pas de miséricorde sans justice et que renseigner un pécheur sur son péché est œuvre de miséricorde, notre parole ne doit pas faire état que de ce qui ne va pas. Notre parole doit se faire consolation, encouragement, compassion. Elle doit donner des paroles d’espérance et même de pardon … Elle doit se revêtir de respect et de prudence, telle celle des différents acteurs de l’évangile d’aujourd’hui. Notre parole doit aussi se taire pour faire advenir la parole de l’autre : me taire pour que l’autre existe. Avons-nous remarqué ? Sur la croix, la Parole se tait … Il est des occasions ou notre silence se fait parole. Notre parole doit dire les mots de la foi et prononcer le nom qui dépasse tout nom : Jésus !

Chers amis, devant les autres et avec les autres, notre parole peut s’emballer … voire déraper ! En fils et filles de lumière, interrogeons-nous, notre parole a-t-elle servi à rendre le monde plus beau ? Ou mieux, la parole que je vais dire va-t-elle servir à élever les pensées et les cœurs ?

 

3 – l’action

Saint Grégoire de Nysse insiste : « c’est par nature la même pureté que l’on voit dans le Christ, et chez celui qui participe au Christ ». Notre action se fait le juge de qui nous sommes. Notre action est le reflet de notre être intérieur. Notre vie chrétienne se voit par la générosité de notre don. Saint Paul rappelait que la charité ne doit pas nous mettre dans la gêne mais éveiller en nous le désir d’égalité. Au nom de la vertu de justice, perfectionnée par la vertu de charité, je dois aider celui qui est dans le besoin. Cette aide n’est pas que matérielle.

L’action du chrétien ne peut se situer à l’opposé de sa pensée et de sa parole. Devant la souffrance quelle qu’elle soit, devant le mal et même face à notre propre péché, nous devons recourir au Christ. De lui sort une force : celle de la guérison et de la vie. S’approcher du Christ à la manière de l’hémorroïsse et toucher le bord de son vêtement c’est vivre des sacrements. Peut-on communier le dimanche, dire « Je crois en Dieu » et toute la semaine vivre de l’horoscope ?

Devant la souffrance nous sommes parfois prêts à tout même à recourir à des guérisseurs, des désenvouteurs et autres médiums … parfois, sans discernement. De qui vient la vie ? De qui vient la guérison ? Sommes-nous sûrs que toutes ces pratiques viennent de Dieu ? Je nous mets en garde. Ces pratiques sont parfois accompagnées d’occultisme, et le fils de la lumière, guéri d’un mal se retrouve plongé dans l’obscurité, pris dans les cernes du Malin. Toute guérison n’apporte pas le salut.

Approchons-nous de celui qui sauve dans cette eucharistie, présentant notre pensée, notre parole et notre action. Qu’elles servent la gloire de Dieu et le salut du monde.                                                                Amen   

                                                                                                                                                        Votre Abbé, Jérôme

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies

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Publié le 13 Juin 2021

Homélie du 13 juin 2021 – Messe en famille –

Chers enfants, chers jeunes, frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Après cette longue période du Carême, Temps Pascal, et les deux solennités de la Sainte Trinité et du Corps et du Sang du Seigneur, nous nous réunissons désormais pour célébrer les dimanches du Temps Ordinaire. Dans l’ordinaire de nos vies quotidiennes, nous sommes invités à laisser de la place à l’extraordinaire : Dieu lui-même. Ce dimanche, accueillons la Parole de Dieu. Accueillons-la dans la confiance. Elle ouvre en nous un chemin d’espérance … Croire c’est croître.

 

1 – Confiance

Le passage de la prophétie d’Ezéchiel entendu dans la première lecture s’achève ainsi : « J’ai parlé et je le ferai ». Dieu ne peut pas se tromper, et il ne peut pas nous tromper. Ce qu’il dit, il le fait. Dans les récits de création de la Genèse dans la Bible, il y a simultanéité (en même temps) entre la parole et la création. Quand Dieu dit, ce qu’il dit vient au jour : la Parole de Dieu est créatrice. Le vrai, le beau, le bon, par notre péché peuvent être défigurés, abîmés en nous … Par son pardon, sa miséricorde, la Parole de Dieu répare en nous, ce que le mal a dénaturé, ce que notre péché a esquinté. La Parole créatrice est aussi re-créatrice.  Dieu va jusque là parce qu’il nous aime. Comment ne pas faire confiance a quelqu’un qui nous aime. La Parole de Dieu est semée en chacun de nous, qui que nous soyons, par amour. Ce peut être une toute petite graine. Mais le semeur c’est le Christ. Pour rejoindre nos réalités et nous laisser libre de le choisir, il dépose ce qui peut paraître bien petit, bien dérisoire. Le résultat peut s’avérer colossal, alors patience …

 

2 – Espérance

Cette semence en nous ouvre un chemin d’espérance. Avant l’évangile nous traçons sur nous 3 petites croix. D’abord sur le front. C’est la « façade » de notre intelligence. Nous accueillons cette parole par notre écoute et nous la mémorisons. Puis vient la croix sur la bouche. C’est la « porte » de notre témoignage. De celle-ci, sortent nos « Amen », j’adhère, « I’m OK ». Et enfin une croix sur notre cœur. C’est la « serre » de la germination. C’est là que la Parole grandit en nous, qu’elle fait écho en notre vie. Dans la foi, tout ne se passe pas au niveau du cerveau. Notre cœur, est le sanctuaire (le lieu sacré), dans lequel je me retrouve seul avec moi-même mais en présence de Dieu. Dans mon cœur, la Parole peut germer. Mes difficultés scolaires, mon mauvais caractère, mes incapacités physiques et même mes fautes ne peuvent pas empêcher totalement cette germination. Je peux laisser à Dieu la place qui est la sienne, dans ma vie, dans mes occupations ou préoccupations, dans mes projets, dans mes regrets. Telle cette petite graine de foi déposée en mon cœur peut faire de moi un grand croyant, aussi puis-je à mon tour devenir malgré mes petitesses quelqu’un de grand aux yeux de Dieu.

 

3 – Croire et croître

Chers parents, c’est enfin plus spécialement à vous, que je m’adresse maintenant. Pour croître dans la liberté, grandir, votre enfant a besoin que vous lui fassiez confiance. Il a besoin pour son équilibre, pour grandir de sentir autour de lui des adultes qui se font confiance. Comme chacun de nous, vos enfants sont des personnes capables de Dieu, des êtres spirituels. Il n’est sans doute pas facile aujourd’hui dans votre cercle amical, dans votre milieu professionnel, dans votre quartier de témoigner de votre attachement au Christ. Peut-être aussi n’êtes-vous pas très à l’aise pour parler de votre foi à vos enfants, pour répondre à leurs questions, parce que vous n’avez pas les mots, ou que votre catéchisme aurait besoin d’une formation adaptée à votre  intelligence d’adultes.  Permettez-moi cependant de vous remercier car vous osez éduquer vos enfants dans la foi chrétienne. Croire, c’est croître. Croire c’est certes laisser croître la Parole de Dieu en nous, la charité du Christ en nous. Mais croire, c’est aussi croître pour devenir homme ou femme libre.

 

Chers enfants, chers grands. La Parole de Dieu qui crée et recrée nous invite à la confiance. Elle nous enseigne que tout est possible en Dieu car rien n’est impossible à Dieu. Cette Parole, c’est le Christ. Nous l’accueillons maintenant dans le mystère de l’Eucharistie.                

 

Amen                                                                                                                               

Votre Abbé, Jérôme

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 6 Juin 2021

Homélie du 06 juin 2021 – Fête du Corps et du Sang du Christ –

Frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Dimanche dernier, je définissais le terme mystère, vérité de foi révélée dans l’Ecriture Sainte ou enseignée par l’Eglise. Je nous le remémore ce dimanche car nous célébrons le mystère du Saint Sacrement, mystère du Corps et du Sang du Christ : présence réelle qui suscite le respect. Mais qu’en est-il de la communion dans la main ?

 

1 – Présence réelle

Nous le savons, dans l’Eucharistie, le Christ Jésus est présent, non de manière symbolique. En communiant à l’hostie consacrée, c’est véritablement le corps et le sang du Christ, dans son corps et son âme, dans son humanité et dans sa divinité que nous recevons. Il nous est donné dans sa vie terrestre, dans sa passion et dans sa mort, dans sa résurrection, son ascension, sa glorification. Il est tout entier présent, dans chaque hostie et dans chaque parcelle de sorte que la fraction du pain ne divise pas le Christ. Après les paroles de la consécration, ce que nous voyons, goûtons, sentons, touchons du pain et du vin demeure inchangé. Cependant, la substance des espèces, de la matière, l’être véritable est changé. Le pain et le vin sont « convertis » pour devenir véritablement le corps et le sang du Christ. Le Christ est la communauté rassemblée, il est la Parole proclamée, il est la paix que nous nous échangeons dans la messe, il est le pauvre qui mendie notre charité, il l’est aussi réellement. Dire de l’Eucharistie qu’elle est présence réelle revient à dire qu’elle l’est par excellence. C’est ce qui place ce sacrement au-dessus de tous les autres … que ce mystère est grand !

 

2 – Respect

La collecte d’ouverture de la messe demandait au Christ de nous donner « de vénérer d’un si grand amour le mystère de ton corps et de ton sang ». La composition et la tournure de cette phrase nous transporte dans le domaine du sacré. Ce mystère est grand car c’est le mystère dans lequel le Christ se donne à chacun de nous. Il est grand car c’est le mystère dans lequel nous recevons le Christ dans notre vie telle qu’elle est. Ceci doit engager de notre part, personnelle et communautaire, une attitude de respect vis-à-vis de la sainte hostie. La messe ce n’est ni un pique nique ni les retrouvailles d’une bande de copains à la terrasse d’un bar. La messe c’est la célébration du mystère de l’Eucharistie. Et en consacrant un dimanche à la fête de ce mystère, l’Eglise enseigne l’importance de ce sacrement. Il est vrai que dans son humilité, le Fils ne cesse de s’abaisser (la kénose) jusqu’à la mort de la croix, d’un abaissement de liberté, de volonté, d’obéissance. Cependant, je ne dois pas, au nom de cela, à mon tour,  l’abaisser ou m’excuser de toute légèreté sous-prétexte qu’il est l’humilité. Puisqu’il s’est abaissé, il m’autoriserait à l’abaisser : NON ! Je dois le vénérer le « révérer » dirait St Ignace de Loyola, me préparer au dimanche, même parfois par la confession : ce mystère est grand !

 

3 – Recevoir la communion dans la main

Ce que je veux dire maintenant peut déranger ou heurter. Ce n’est ni ma mission, ni mon désir. Je vous impose de recevoir la communion dans la main, suivant la directive de nos évêques, en cette période de pandémie. Rappelons que la communion dans la main fait partie de la belle et grande tradition de l’Eglise. Saint Cyrille de Jérusalem, au IVème siècle enseignait : « Quand tu t’approches de l’Eucharistie, fais de ta main gauche un trône pour ta main droite, puisque celle-ci doit recevoir le Roi et, dans le creux de ta main, reçois le corps du Christ en disant : Amen ». Nous pouvons penser que communier dans la main tend à faire perdre le sens du sacré et entraine de ce fait un manque de respect. Une personne à ce sujet m’enseignait, que nos mains, au vu de ce à quoi elles servaient, étaient bien sales pour recevoir le Christ. Je n’ai pu m’empêcher de répondre : « et ma langue ! ». L’acte-même de la communion ne peut se vivre sans la pratique communautaire, surtout quand une indication est donnée par charité pour la santé des plus faibles. Chers amis, ce qui est premier dans l’Eucharistie c’est le DON de Dieu et non ma réception. Ce mystère est grand, tellement grand qu’il me rejoint dans ma petitesse pour m’élever jusqu’à Dieu.

 

Frères et sœurs je demande pardon à ceux que j’ai blessés en insérant un commentaire de cette pratique dans mon homélie en cette grande fête. Mais à tous je veux redire la nécessité de notre unité, de notre communion dans le Christ. Priez pour moi.  

Amen                                                                                                                               

Votre Abbé, Jérôme

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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