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Publié le 15 Février 2024

Homélie du 14 février 2024, Mercredi des cendres, Abbé Jérôme POMIÉ

Homélie du 14 février 2024, Mercredi des cendres, Abbé Jérôme POMIÉ

 

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Commence aujourd’hui l’entraînement aux fêtes pascales. L’oraison d’ouverture de la messe donne cette orientation : « Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement par le jeûne, l’entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. ».

Au jour de notre baptême, nous avons été marqués de la croix. Nous avons reçu la grâce de devenir, dans l’Eglise, les saints dont le monde a tant besoin. Devenons plus forts pour lutter contre l’esprit du mal.

 

1. Marqués de la croix.

Chers amis, notre baptême nous a configurés au Christ, Fils de Dieu … C’est poussé par l’Esprit Saint que Jésus fut conduit au désert. Là, il sera tenté par trois fois et par trois fois, il ne se laissera pas prendre dans les filets du Malin. Au début de ce carême, je nous invite à prendre conscience de la grâce qui est la nôtre. Nous avons été marqués de la croix pour écouter la voix du Seigneur ; pour voir la lumière de Dieu ; pour répondre à la Parole de Dieu ; pour que le Christ habite en nous par la foi ; pour porter joyeusement le joug du Christ.    

Ecouter, voir, répondre, laisser le Christ nous habiter, porter joyeusement son joug … quel beau programme … que dis-je quelle belle mission ! c’est celle qui nous est donnée.

Et pourtant souvent, nous n’entendons pas, nous ne voulons pas voir, nous refusons de répondre, nous ignorons le Christ, nous nous désespérons devant les croix qui se dressent sur nos chemins …

Marqués de la croix, demandons l’humilité du Christ … Et puisque nous sommes tombés sur le chemin, demandons au Seigneur la grâce de nous relever, comme par trois fois, il s’est relevé sur son chemin de croix !

Demandons l’humilité pour que notre aumône reste dans le secret. Demandons l’humilité pour nous retirer secrètement dans la prière. Demandons l’humilité pour jeûner dans le secret.

 

2. Appelés à la sainteté

Frères et sœurs notre vocation c’est la sainteté. Et la sainteté c’est de vivre le quotidien de notre existence dans l’amour, la charité, l’amitié … La sainteté c’est de voir Dieu. Et le voir au quotidien, c’est mettre en pratique ce qu’il a imprimé de lui en chacun de nous … l’amour … Dieu est amour et notre vocation c’est d’aimer.

Aimer notre prochain que nous voyons, il prend le visage du frère, mais petit, méprisé, pauvre, il prend le visage du Christ … Demandons l’humilité pour que notre aumône reste dans le secret.

Aimer Dieu que nous ne voyons pas et dont tant de signes nous rappellent sa présence aimante. Demandons l’humilité pour nous retirer secrètement dans la prière.

S’aimer soi-même de manière juste et ajustée, en évitant de tomber dans l’égocentrisme stérile, en nous souvenant que nous ne sommes pas une machine à consommer. Demandons l’humilité pour jeûner dans le secret.

 

3. Devenons plus forts pour lutter contre l’esprit du mal.

Chers amis, si la vérité, l’unité, l’amour, la vie … ne sont pas de nous … Nous sommes totalement les créateurs de notre péché. S’il y a bien une chose qui nous appartient en propre, ce sont les péchés que nous avons commis. Pour ce temps de carême, le Seigneur veut que nous les lui offrions. Jésus sur la croix, c’est à cause de nos péchés. Jésus sur la croix, c’est pour toi. Jésus sur la croix, c’est pour moi !!!

Offrons nos péchés au Seigneur, d’abord en les reconnaissant. Offrons-les lui en demandant la contrition. Offrons-les lui dans le sacrement de pénitence. Offrons-les lui par nos efforts de partage, de prière, de privation … Voilà un bon entraînement contre l’esprit du mal …

Oui, les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu … Nous sommes faits pour ce combat car, depuis notre baptême, nous sommes marqués du signe de la victoire de l’Amour sur le Mal.

 

Marqués du signe de la croix, demandons l’humilité pour que notre aumône reste dans le secret. Appelés à la sainteté, demandons l’humilité pour nous retirer secrètement dans la prière. Pour lutter contre l’esprit du mal, demandons l’humilité pour jeûner dans le secret.

« Convertissez-vous, croyez à la Bonne Nouvelle. »              Bon carême !                                                                                  Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies, #Carême

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Publié le 29 Janvier 2024

Homélie du 28 janvier 2024, 4ème Dimanche du Temps Ordinaire (Année B), Abbé Jérôme POMIÉ

Homélie du 28 janvier 2024, 4ème Dimanche du Temps Ordinaire (Année B), Abbé Jérôme POMIÉ

 

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Avec Jésus, nous arrivons ce matin au bord du Lac de Tibériade, dans la ville de Capharnaüm. Saint Jérôme la nomme la belle ville, même si aujourd’hui, il n’en reste que des ruines … Elle se situe sur la route du commerce qui va de la Syrie à la mer et à l’Égypte. Elle vit de la pêche, l’agriculture et le négoce et son importance justifie une garnison et un poste de douane à l’époque de Jésus. Autant dire que c’est une ville animée, pleine de vie et de brouhaha en tous genres.

Au cœur de ce capharnaüm, tout peut se taire pour laisser retentir l’écho de la parole de Jésus qui enseigne dans la synagogue. Ce matin, contemplons le Seigneur et son autorité (exceptionnellement en deux points).

 

1. Jésus est l’auteur de son propre enseignement

L’Evangéliste Marc, qui va à l’essentiel, précise dans le passage que nous venons d’entendre : « On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. ». Jésus ne tient pas son autorité de ses longues études, où comme les scribes, il se contenterait de réciter les textes de la loi et du Talmud qui leur sont associés. Le message, la nouvelle, l’enseignement que Jésus enseigne, jaillissent de sa personne, de son cœur, de sa relation avec le Père. Il est l’auteur de tout ce qui sort de sa bouche. Rappelons encore que Jésus, en tant que deuxième personne de la Trinité, est de toute éternité la Parole de Dieu. Cette parole n’est pas créature, elle n’a pas été créée … J’insiste, elle est de toute éternité, en communion avec le Père et l’Esprit Saint.

Adhérer tout entier, cœur, intelligence, corps, âme à Jésus, ce n’est pas être fan d’une star, ce n’est pas soutenir une opinion politique, ce n’est pas épouser des idéaux philosophiques. Adhérer à Jésus, c’est rencontrer l’Amour qui se dit, qui se donne, qui transforme …

Accorder sa confiance au Christ Jésus est la réponse adéquate à l’amour qui est le sien pour chacun de nous et qui nous fait entrer dans la dynamique de l’unité, du vrai, du beau, du bon. Et l’autorité de son enseignement va jusqu’à la croix, où dans son corps et dans son âme humaine, il porte tous nos péchés, pour les pardonner sans exception.

Auteur de son enseignement, il parle à l’humanité blessée et blessante, mais jamais il ne traite avec les démons : « Tais-toi ! Sors de cet homme. ».

 

2. Jésus nous rend chacun personnellement auteur de notre propre vie

Chers amis, si Jésus nous enseigne avec autorité, c’est pour nous rendre acteur et même auteur de notre propre vie. Ainsi son autorité laisse transparaître la volonté du Père pour chacun de nous. Cette volonté, quelle est-elle ? Que chacun, que chacune, quel que soit son lieu ou son milieu de vie, soit HEUREUX ! Si Jésus nous transmet ce matin encore la parole dont il est l’auteur, c’est pour que nous percevions l’appel universel et personnel au bonheur.

Oui, chaque parole de l’Evangile, chaque geste de Jésus est un appel à être heureux. Nous ne trouverons pas dans l’Evangile la retranscription d’un petit traité du bonheur parfait. Mais nous recevons, quand la parole se tait sur la croix, dans un silence de mort, qui met fin aux souffrances indicibles de la passion, l’exemple de celui qui donne sa vie par amour. Il y a, en germe, une perfection éternelle dans le bonheur de donner sa vie.

J’écoutais dernièrement à la radio un médecin légiste qui dressait le constat que n’importe qui peut devenir un meurtrier. Il suffit de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment, dans de mauvaises conditions … « et paf » … tout bascule !!! Profitons-en pour rappeler la différence entre la faute passible des tribunaux et le péché. Pour que je commette un péché, il faut que je sache que ce que je fais est intrinsèquement mauvais et que je le fasse volontairement et librement.

Être auteur de sa vie, c’est suivre l’exemple de Jésus qui ne dialogue pas avec les démons. Quand survient la tentation, si déjà nous commençons à réfléchir à la taille de l’erreur que nous allons commettre, à la grosseur de la faute, ou s’il s’agit d’un péché mignon ou très laid … c’est trop tard !!! « re paf » … Tout a basculé. Être auteur de sa vie, c’est puiser dans l’Esprit Saint la force ou le courage de dire à la moindre tentation : « Tais-toi, sors de moi ! ».

 

Dans le capharnaüm de nos existences, pour être pleinement humain, mettons en pratique l’enseignement de Jésus qui nous rend capable d’être l’auteur de nos vies. Accueillons-le, aimons-le, laissons-le habiter toutes les dimensions de notre être.

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 29 Décembre 2023

Homélie de la Veillée de Noël, dimanche 24 décembre 2023

Homélie de la Veillée de Noël, dimanche 24 décembre 2023

 

Chers enfants, chers grands,

vous tous, frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, dont nous célébrons cette année le 150ème anniversaire de la naissance, écrivait dans une lettre au sujet de la Vierge Marie : « ce Jésus vous nous l'avez donné tout entier ... »

Cette phrase explique merveilleusement ce que l’évangéliste Luc relatait de cette nuit de Noël : « elle mit au monde son fils premier-né ».

En mettant au monde son fils Jésus, la Vierge Marie ne lui permet pas seulement de vivre au cœur du monde en participant à toutes les activités humaines. Elle ne permet pas seulement à celles et ceux qui le côtoieront d’enrichir leurs relations sociales. Elle ne participe pas seulement à l’écriture d’une grande page de l’histoire.

En mettant au monde son fils, Marie nous le donne tout entier. Elle le donne totalement à l’humanité de tous les temps et de toutes les conditions. Elle le donne entièrement à chacun de nous …

Dans une société qui consomme toujours plus et qui a du mal à limiter son désir de posséder, Marie nous donne cette nuit, le plus beau, le plus grand des cadeaux. Elle nous offre tout entier son fils Jésus. Sur cette terre qui a vu naître le Prince de la Paix, de nouvelles tensions s’ajoutent encore dans l’escalade de la violence dont nous sommes tous témoins au cœur de ce monde. Des fois, nous en sommes les victimes, d’autres fois, nous en sommes les responsables. Que tous les cœurs se convertissent par l’accueil de ce geste de Marie qui nous donne tout entier son nouveau-né.

Les heureux bergers qui se rendront vite dans l’étable de Bethléem constateront ce cadeau merveilleux : l’enfant emmailloté et couché dans une mangeoire. Cela annonce ce que nous célébrons à chaque messe : en Jésus-Christ, Dieu se donne tout entier au point de se faire nourriture dans la sainte hostie.

Qu’en recevant l’humanité du fils que la Vierge nous donne tout entier en cette nuit, que Jésus nous transforme par sa divinité.

Joyeux Noël !

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 29 Décembre 2023

Homélie du 24 décembre 2023, 4ème dimanche de l’Avent (Année B)

Homélie du 24 décembre 2023, 4ème dimanche de l’Avent (Année B), Abbé Jérôme POMIÉ

 

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

A quelques heures de célébrer la Nativité du Seigneur, l’Eglise nous donne de réentendre cet évangile de l’Annonciation. La naissance du Fils selon la chair, dans son humanité n’a été possible que par l’acceptation de la Vierge Marie. Elle n’a pas seulement dit « oui », mais elle a dit le « oui de Dieu ».

 

1. Comblée-de-grâces

Chers amis, nous l’avons remarqué, l’Ange ne salue pas la Sainte Vierge par son prénom : « Marie », mais par une autre appellation « Comblée-de-grâces ». A chacun de nous, Dieu donne un nom qui est inscrit au Livre de la Vie.

Que nous ayons l’humble certitude de ce nom pour nous-mêmes, que nous le recherchions, nous sommes, en tous les cas, invités à accueillir celui de la Vierge Marie. Elle est la « Comblée de grâce ». Il n’y a rien en elle, dans sa vie, sa conscience, son amour qui ne soit plein de la grâce de Dieu. Rien en elle, laisse place au Mal, elle ne permet pas au mal de se répandre à cause d’elle. Elle est en tout pleine de Dieu. Son talon meurtrit la tête du serpent. Son obéissance libre et entière à la volonté du Père corrige la désobéissance d’Eve. Marie est pleinement Mère des Vivants, parce qu’elle est la Mère du Fils, la Mère de Dieu. Parce qu’elle est la « Comblée-de-grâces », elle peut être l’humble servante du Seigneur, dans le corps de laquelle va prendre chair la Parole de Dieu.

Dans les combats que nous menons contre le Mal, invoquons Marie. Pour grandir toujours mieux en humanité, demandons son intercession. Prendre Marie avec nous, la prendre chez nous, c’est vivre avec la Comblée-de-grâces … Comme nous en avons besoin !

 

2. Rien n’est impossible à Dieu

« Or voici que … », dans cette annonciation, l’ange révèle une autre annonce, celle de la « vieille » stérile qui enfante. Comme autrefois la vieille Anne mit au monde le prophète Samuel, Elisabeth va mettre au monde le dernier des prophètes de l’Ancienne Alliance, le trait d’union entre l’Ancienne et la nouvelle Alliance. Rien n’est impossible à Dieu.

Dans le moment de l’histoire de l’humanité où vit la Vierge Marie, voilà que la jeune fille qui ne connaît pas d’homme va porter en son sein l’humanité du Fils de Dieu, Jésus. Jamais auparavant, une vierge n’a mis au monde un enfant. La conception de cet enfant est chose nouvelle. Peut s’accomplir ainsi la prophétie d’Isaïe… Quelque chose de nouveau est en train de naître … car rien n’est impossible à Dieu.

La Parole créatrice de la genèse, par l’Esprit Saint, peut prendre chair en Marie et la personne du Fils avoir désormais un visage d’homme … Rien n’est impossible à Dieu.

L’annonce de l’Ange ne vient pas imposer une réalité dans la vie de la Vierge Marie … Elle vient ouvrir un chemin et une parole d’acceptation … Que tout se passe pour moi selon ta parole … car rien n’est impossible à Dieu.

 

3. L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre

Chers amis, chaque dimanche, au moins, chaque jour peut-être, la Parole de Dieu vient à nos oreilles. Elle retentit dans notre cœur et notre intelligence.

Parce que Jésus ne nous appelle plus serviteurs mais amis, il nous livre entièrement sa Parole pour qu’elle soit aujourd’hui encore Bonne Nouvelle. Elle nous apporte la vie véritable, celle qui repose sur le triple fondement de l’amour. Elle nous rappelle que notre vocation, c’est l’amour. Laissons l’écho de cette parole envahir notre cœur, laissons-la habiter notre intelligence pour nous donner la joie, dans la conversion, de devenir toujours mieux ce que nous sommes appelés à être : les visages, l’écoute, la parole, les gestes du Christ.

Oui, puisque cette Parole c’est Jésus-Christ lui-même, laissons l’Esprit Saint nous couvrir de son ombre pour que la Parole du Dieu, pour que le Christ prenne chair en chacun de nous. Il s’incarne aujourd’hui dans notre histoire, dans notre existence, dans notre vie.

 

Puisque rien n’est impossible à Dieu, nous allons communier au Corps très saint du Christ. En s’abaissant pour transformer la petite hostie en son corps véritable, il nous montre le véritable chemin de l’humilité… Que sa divinité transforme notre humanité.                                                                                                                              Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 6 Décembre 2023

Homélie du 3 décembre 2023, 1er Dimanche de l’Avent – Année A, Messe en famille, Abbé Jérôme POMIÉ

Homélie du 3 décembre 2023, 1er Dimanche de l’Avent – Année A, Messe en famille, Abbé Jérôme POMIÉ

 

« Veillez ! »

 

Chers enfants, chers grands, vous tous, frères et sœurs dans le Christ Jésus,

Jésus vient de nous donner le maître mot qui va guider notre temps de l’Avent : « Veillez ! ». Et s’il y avait, dans cet im- pératif, notre feuille de route pour toute cette année liturgique qui commence aujourd’hui ? « Veillez » … oui, veillons !

 

1. Veillons …

Nous venons d’allumer à notre couronne de l’Avent une première bougie. Sa flamme rappelle toutes les flammes allumées dans nos églises par ceux qui viennent déposer devant la Vierge Marie ou un saint, une prière, un nom, un visage. Et tandis que celui qui a allumé sa bougie quitte l’église, cette flamme garde, vivant, le témoignage d’une prière. Cette flamme veille quand le priant a repris le cours de sa vie … Veillons à la lumière d’une flamme.

Jésus se tient à la porte de notre cœur et il frappe. Il veut entrer en nous pour partager ce qui fait les joies et les espoirs, les angoisses et les tristesses de notre existence. Veiller, c’est entendre Jésus qui frappe. Veiller, c’est lui ouvrir la porte de notre cœur en restant vigilants dans la prière.

Veiller, c’est offrir au Seigneur, dans notre prière personnelle, familiale ou communautaire, un bouquet de « mercis », une gerbe de « pardons », un centre de table de « s’il te plaît ». Et si nous n’avons qu’un seul merci, ou qu’un seul pardon, ou qu’un seul s’il te plaît … offrons-lui … La qualité de notre prière n’est pas dans la quantité mais dans le désir de lui ouvrir la porte, pour qu’il entre chez nous, partager avec nous les pauvretés mêmes du quotidien !

 

2. Réveillons-nous …

Chers amis, ce n’est pas parce que nous avons changé d’année liturgique que nous devons faire table rase de ce que Jésus nous disait dimanche dernier : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Veiller, c’est rester vigilants aux besoins de ceux qui nous entourent, c’est rencontrer Jésus dans le petit, le pauvre, le miséreux …

Ne dormons-nous pas confortablement sur les oreillers de notre bonne conscience ? Il est tellement vrai que nous ne pouvons pas porter toute la misère du monde, que nous ne partageons même pas une souffrance ordinaire … Réveillons-nous ! Le Seigneur Jésus vient à notre rencontre dans des situations de haine, d’injustice, de division …

Ne dormons-nous pas confortablement sous nos couettes de confort ? Réveillons-nous ! Jésus vient bouleverser nos habitudes, nos aises pour ouvrir nos yeux sur les attentes du monde, ouvrir nos oreilles aux espérances de nos quartiers, ouvrir nos personnes au sens du pardon.

Ne dormons-nous pas devant tous ces jeux télévisés, devant ces vidéos TikTok ? Réveillons-nous ! Jésus ne nous cache pas son visage quand nous croisons un nécessiteux. Car pour certains, chercher ou mendier son repas, n’est pas un jeu télévisé, avoir accès à la santé, à l’éducation, au logement digne, n’est pas un pari TikTok !

 

3. Prenons garde …

Frères et sœurs, la parole de Jésus aujourd’hui commence ainsi « Prenez garde ». Le terme grec dit « ouvrez l’œil ». Jésus vient à chaque instant de nos vies. Je nous invite ce matin pour cet Avent et pour toute l’année, à prendre garde en mettant une garde à nos lèvres … (C’est d’ailleurs le rôle de nos anges gardiens … Il nous protège de ce qui peut sortir de notre bouche …)

Veiller, c’est prendre garde à ce qui sort de nos lèvres … Paroles de mensonge ou de vérité ? Paroles d’injures ou de réconfort ? Paroles de colère ou d’apaisement ? Paroles de médisance ou de confiance ? Paroles destructrices ou qui relèvent ? Veiller, c’est résolument donner nos lèvres et nos voix au Christ Jésus qui vient à chaque instant !

 

Des femmes et des hommes veillent au cœur de la cité. Ils prennent leur tour de garde pour porter secours, jour et nuit, dans toute forme de danger. Ce sont nos pompiers. Ils s’engagent volontairement pour tous et pour chacun, parfois au péril de leur vie. Ce matin, en les confiant à la prière et à la protection de leur sainte patronne, Sainte Barbe, nous voulons les remercier, nous voulons leur rendre hommage ! Que Dieu les bénisse !

  Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 6 Décembre 2023

Homélie du 6 décembre 2023, Mercredi de la 1ère semaine de l’Avent, Messe de Rorate, Abbé Jérôme POMIÉ

Homélie du 6 décembre 2023, Mercredi de la 1ère semaine de l’Avent, Messe de Rorate, Abbé Jérôme POMIÉ

 

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

En ce petit matin, nous avons bravé le froid et l’obscurité pour venir, à la lumière de nos bougies, célébrer cette première messe de Rorate. Que nous avons bien fait !

Ensemble, ce matin, je nous invite à revenir sur les trois miracles de l’évangile que nous venons d’entendre.

 

1. Miracle de guérison

On amène à Jésus des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets. L’évangéliste précise même : « et beaucoup d’autres encore ». Et Jésus les guérit … Quelle merveille de voir des boiteux marcher, des aveugles voir, des estropiés rétablis, des muets parler et entendre … Bien sûr, ça force l’admiration mais ça encourage l’action de grâce, tous rendent gloire à Dieu.

Ce Christ qui guérit est le Verbe de Dieu, la Parole créatrice de la genèse. Elle est, dans cet évangile, recréatrice pour reformer ce qui est abîmé, défectueux, pourrions-nous dire, dans notre humanité !

Si Jésus vient dresser sa tente au milieu de nos campements, s’il vient demeurer auprès de chacun de nous, c’est pour nous guérir de nos infirmités, de nos maladies, de nos limites et de nos fragilités. Il vient nous rendre la vue pour voir combien Dieu aime ce monde et que tout n’est pas pourri ! Il vient rafistoler dans nos vies ce qui est estropié. Reconnaissons-le, chacun à notre niveau, nous sommes plus ou moins fêlés. Il vient rendre la parole aux sans voix.

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

2. Miracle de la multiplication des pains et des poissons

Jésus est saisi de compassion pour cette foule qui est là depuis 3 jours … Il ne peut pas les renvoyer à jeun … Pour venir à Jésus, pour l’écouter parler, pour passer un moment avec lui, toute cette foule a créé le vide en elle. La voilà en manque de l’essentiel … elle a faim. Ce manque donne, en quelque sorte, la mort … Cette foule pécheresse - on ne se trompe pas en le disant - est au tombeau … trois jours, ça nous rappelle une autre mise au tombeau. Mais Jésus veut lui redonner la vie, la vie en abondance. Il va préfigurer ainsi dans ce miracle, celui de l’eucharistie, celui de la vie qui jaillit de la mort …

Des restes, on en remplit 7 corbeilles … 7 comme les jours de la semaine. Chaque jour, le Seigneur nous donne les bienfaits de son amour. Comment ne pas rendre gloire à Dieu, pas tant pour ses bienfaits que pour SON AMOUR !!! ?

7 comme les sacrements. Une nouvelle nourriture est donnée à l’humanité guérie, relevée, ressuscitée, les sacrements par lesquels Dieu nous donne de vivre de sa vie !

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

3. Le 3ème miracle, c’est celui où Dieu compte sur nous, où il compte avec nous

Le 1er miracle n’a été possible parce « qu’on les déposa à ses pieds ». Sans ceux qui ont amenés à Jésus tous ceux qu’il a guéris, pas de guérison possible.

Le 2ème miracle n’a été possible que parce que les disciples disposaient de 7 pains. Et ça ne nous aura pas échappé, 7 est le chiffre de la perfection. Perfection déjà à l’œuvre avant la multiplication.

L’eucharistie de notre messe n’est pas seulement possible par la providence mais aussi par le travail des hommes …

Le 3ème miracle est celui que je souhaite que nous retenions pour aujourd’hui. Chaque jour, chaque instant, Dieu peut faire un miracle à travers ma disponibilité, ma générosité, mes talents mis au service des autres. Au cœur du monde, dans l’Eglise, le Christ compte sur chacun de nous. Il opère bien des miracles avec nous !

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

Nous sommes venus avec nos bougies à la main pour manifester symboliquement notre désir de rester éveillés, éclairés pour attendre le retour de Jésus en cet Avent.

Mais rappelons que, depuis le jour de notre baptême, illuminés par le Ressuscité, nous sommes enfants de lumière. Efforçons-nous, tout au long de ce jour, de transmettre cette lumière, éclairant humblement tous ceux qui vivent ou qui s’enfoncent dans l’obscurité.

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 6 Décembre 2023

 
Chers amis,
 
Tandis que s'achève cette première messe de Rorate, où nous étions 7 (comme le nombre de pains et de corbeilles de l'évangile d'aujourd'hui), je vous transmets mon homélie.
 
C'est aujourd'hui la fête de l'évêque Saint Nicolas ... 
 
 
Bonne fête à tous les écoliers.
 
J'ai commis une erreur sur le lieu de la procession du 8 décembre, c'est bien ce vendredi, à 20h30 à SAINT-JOSEPH.
 
Bonne journée.
 
Votre Abbé, Jérôme
Messe de Rorate et Saint Nicolas

Homélie du 6 décembre 2023, Mercredi de la 1ère semaine de l’Avent, Messe de Rorate, Abbé Jérôme POMIÉ

 

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

En ce petit matin, nous avons bravé le froid et l’obscurité pour venir, à la lumière de nos bougies, célébrer cette première messe de Rorate. Que nous avons bien fait !

Ensemble, ce matin, je nous invite à revenir sur les trois miracles de l’évangile que nous venons d’entendre.

 

1. Miracle de guérison

On amène à Jésus des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets. L’évangéliste précise même : « et beaucoup d’autres encore ». Et Jésus les guérit … Quelle merveille de voir des boiteux marcher, des aveugles voir, des estropiés rétablis, des muets parler et entendre … Bien sûr, ça force l’admiration mais ça encourage l’action de grâce, tous rendent gloire à Dieu.

Ce Christ qui guérit est le Verbe de Dieu, la Parole créatrice de la genèse. Elle est, dans cet évangile, recréatrice pour reformer ce qui est abîmé, défectueux, pourrions-nous dire, dans notre humanité !

Si Jésus vient dresser sa tente au milieu de nos campements, s’il vient demeurer auprès de chacun de nous, c’est pour nous guérir de nos infirmités, de nos maladies, de nos limites et de nos fragilités. Il vient nous rendre la vue pour voir combien Dieu aime ce monde et que tout n’est pas pourri ! Il vient rafistoler dans nos vies ce qui est estropié. Reconnaissons-le, chacun à notre niveau, nous sommes plus ou moins fêlés. Il vient rendre la parole aux sans voix.

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

2. Miracle de la multiplication des pains et des poissons

Jésus est saisi de compassion pour cette foule qui est là depuis 3 jours … Il ne peut pas les renvoyer à jeun … Pour venir à Jésus, pour l’écouter parler, pour passer un moment avec lui, toute cette foule a créé le vide en elle. La voilà en manque de l’essentiel … elle a faim. Ce manque donne, en quelque sorte, la mort … Cette foule pécheresse - on ne se trompe pas en le disant - est au tombeau … trois jours, ça nous rappelle une autre mise au tombeau. Mais Jésus veut lui redonner la vie, la vie en abondance. Il va préfigurer ainsi dans ce miracle, celui de l’eucharistie, celui de la vie qui jaillit de la mort …

Des restes, on en remplit 7 corbeilles … 7 comme les jours de la semaine. Chaque jour, le Seigneur nous donne les bienfaits de son amour. Comment ne pas rendre gloire à Dieu, pas tant pour ses bienfaits que pour SON AMOUR !!! ?

7 comme les sacrements. Une nouvelle nourriture est donnée à l’humanité guérie, relevée, ressuscitée, les sacrements par lesquels Dieu nous donne de vivre de sa vie !

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

3. Le 3ème miracle, c’est celui où Dieu compte sur nous, où il compte avec nous

Le 1er miracle n’a été possible parce « qu’on les déposa à ses pieds ». Sans ceux qui ont amenés à Jésus tous ceux qu’il a guéris, pas de guérison possible.

Le 2ème miracle n’a été possible que parce que les disciples disposaient de 7 pains. Et ça ne nous aura pas échappé, 7 est le chiffre de la perfection. Perfection déjà à l’œuvre avant la multiplication.

L’eucharistie de notre messe n’est pas seulement possible par la providence mais aussi par le travail des hommes …

Le 3ème miracle est celui que je souhaite que nous retenions pour aujourd’hui. Chaque jour, chaque instant, Dieu peut faire un miracle à travers ma disponibilité, ma générosité, mes talents mis au service des autres. Au cœur du monde, dans l’Eglise, le Christ compte sur chacun de nous. Il opère bien des miracles avec nous !

Comment ne pas rendre gloire à Dieu ?                                                           Chantons : Gloire à toi, Seigneur, Gloire à toi !

 

Nous sommes venus avec nos bougies à la main pour manifester symboliquement notre désir de rester éveillés, éclairés pour attendre le retour de Jésus en cet Avent.

Mais rappelons que, depuis le jour de notre baptême, illuminés par le Ressuscité, nous sommes enfants de lumière. Efforçons-nous, tout au long de ce jour, de transmettre cette lumière, éclairant humblement tous ceux qui vivent ou qui s’enfoncent dans l’obscurité.

Amen

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

Publié dans #Homélies, #Les jeunes, #Vie de la paroisse

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Publié le 29 Octobre 2023

Homélie du 29 octobre 2023, 30ème Dimanche du Temps Ordinaire

Homélie du 29 octobre 2023, 30ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

Avez-vous remarqué combien il est facile de nous unir pour faire le mal ? Je vous donne un exemple : quand il est bien facile de se réunir à trois pour dire du mal d’une quatrième personne … Comment le mal se débrouille-t-il si bien pour faire l’unité ?

Jésus veut faire l’unité de notre vie dans l’amour et c’est là le véritable combat contre le mal. Il nous invite à aimer inconditionnellement Dieu d’un amour d’adoration et place de manière similaire l’amour de soi et l’amour du prochain.

Permettez-moi ce matin de méditer avec vous l’amour du prochain. A la question « qui est mon prochain », Jésus, par la parabole du Bon Samaritain ne répond pas à cette question mais répond à une autre : « De qui est-ce que je me fais le prochain ? »

La Loi que Dieu donne par amour balise notre chemin de vie et sur ce chemin nous rencontrons les forces nécessaires pour mettre en pratique la loi avec les dons de l’Esprit Saint et les sacrements de l’Eglise. Ce matin, je nous invite à prendre le chemin de l’Exode (exode, exodos en grec, signifie chemin) et à réfléchir en 3 temps sur l’amour du prochain.

 

  1. L’Hospitalité

Le Seigneur est sensible à l’accueil de l’étranger : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli ». L’Exode aujourd’hui emploie des termes forts : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas ». Et pour accueillir ces commandements, Dieu rappelle à son peuple, qu’avant la Pâque, il était un étranger en terre d’Egypte. Dès le début de l’Alliance, Dieu fait de son peuple un étranger, il a demandé à Abraham de quitter son pays …

Nous recevons comme un devoir d’hospitalité l’accueil de l’étranger. Je ne dirais pas mieux ce que le Pape François a exprimé à Marseille sur l’accueil de l’immigré. Je vous invite donc à relire tout ce que le pape a pu dire. Permettez-moi ce matin, d’élargir cette thématique de l’étranger. L’étranger ce n’est pas seulement celui qui n’est pas de ma nationalité. L’étranger c’est celui qui peut paraître étrange par sa façon de vivre, son comportement, sa religion, sa façon de penser ou même l’expression de son vote électoral. Même si nous ne devons pas tout accepter des courants de pensée, des actes ou des paroles des personnes, nous sommes invités à un accueil généreux, dans notre communauté comme dans nos maisons, de ces personnes qui sont, à bien des égards, pour nous, bien étranges. Quittons notre pays, notre confort, l’assurance du PCN « Pense Comme Nous » pour accueillir l’étrange, l’étranger.

 

  1. La compassion

Les derniers mots de notre première lecture disent quelque chose de l’identité de Dieu : « car moi, je suis compatissant ! » Jésus est saisi de compassion devant la veuve de Naïm qui porte en terre le corps sans vie de son fils unique.

Dieu dit : « Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin ». La veuve de la Bible comme celle de l’Evangile est sans appui, exposée à l’injustice et à la misère. L’orphelin, lui, est le plus démuni de tous, il est en plus privé de tendresse.

Aimer son prochain c’est prendre avec soi, prendre sur soi l’injustice qui le frappe, c’est refuser l’exclusion, ou l’isolement. Compatir avec le prochain nous engage à combattre toutes formes de misère. Aimer le prochain dans la compassion nous invite à inventer des rencontres de qualités où gestes et paroles sont signes de tendresse.

 

  1. Le refus de l’emprise

Enfin, dans le prêt au pauvre, Dieu refuse l’imposition d’un intérêt. Et si je prends son manteau comme gage de son prêt, je dois le lui rendre avant que le froid de la nuit ne le saisisse puisqu’il n’a que son manteau pour s’en protéger.

Chers amis, attention à l’argent … Attention à l’intention que nous mettons à donner ou à prêter de l’argent au plus pauvre. Y a-t-il vraiment le gage de la gratuité dans notre don ? Le don généreux au plus pauvre est pour lui source de liberté. Grâce à ce que nous lui offrons, il peut librement se loger, se vêtir, s’éclairer, se chauffer, se nourrir … Notre don ne peut en rien être une raison à la domination, à l’emprise.

Trop de personnes nécessiteuses deviennent, près de nous, et parfois à cause de nous, des victimes sous emprise. Sous prétexte que nous leur donnons, elles doivent vivre ce que nous souhaitons et parfois, elles sont exposées au drame de nos civilisations : la prostitution, le manque de respect, la non considération de l’égale dignité voulue par Dieu.

 

Chers amis, finalement, accueillir ce triple commandement de l’amour qui n’en fait qu’un n’est possible que par grâce, et par grâce de la Croix. Jésus qui aime inconditionnellement le Père et qui aime sa vie incarnée, la donne par amour pour la multitude qui devient son prochain.

 

Accueillons par notre communion au sacrifice du Christ, les grâces pour toujours aimer mieux notre prochain. Amen !

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 17 Octobre 2023

Homélie du dimanche 15 octobre 2023, XXVIIIème Dimanche du Temps Ordinaire (Année A)

Homélie du dimanche 15 octobre 2023, XXVIIIème Dimanche du Temps Ordinaire (Année A)

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Chère Meghann et Cher Baptiste,

Au moment d’entrer en catéchuménat, vous avez demandé à l’Eglise la foi qui nous apporte la vie éternelle. A plus d’un mois de la fête du Christ, Roi de l’univers, et tandis que nous nous acheminons vers la fin de l’année liturgique, la Parole de Dieu déploie les thématiques du salut, du Royaume, du jugement dernier, de la vie éternelle.

Ce matin le Père nous invite aux noces de son fils … Le refus de certains d’y participer laisse place à une multitude rencontrée aux croisés des chemins. L’un de ces derniers invités n’a pas le vêtement approprié …

1 – Les noces du Fils …

Dans cette parabole, il est question d’un père qui invite aux noces de son fils … Il n’est rien dit sur la future épouse. Sans doute est-ce parce que le propos de Jésus ne porte pas sur les noces du Fils mais bien sur les invités à cette noce.

L’épouse de cette noce éternelle est toute l’humanité que le Christ a voulu réconcilier par son sang sur le bois de la croix dans l’évènement pascal. Cette humanité est figurée par l’Eglise. Permettez-moi de rappeler ce que j’ai déjà dit maintes fois. Comme du côté ouvert d’Adam, au jardin de l’Eden, Dieu tire la femme, du côté ouvert de l’humanité du Fils endormi dans la mort au jardin du Golgotha, jailli dans l’eau et le sang, l’Eglise, la nouvelle Eve.

L’Eglise est l’épouse du Fils, dans l’attente que toute l’humanité soit cette épouse que Dieu a promis au Fils depuis l’origine du monde. Dans un instant, avant de communier, nous réentendrons ce verset de l’Apocalypse : « Heureux les invités au repas des noces de l’Agneau » …

2 – Le projet de Dieu

Le propos de Jésus aujourd’hui porte sur les invités. Le Père nous invite à nous rendre disponibles pour participer à cette fête des noces, c’est-à-dire à cette fête du salut pour tous … Mais voilà que parmi nous, d’aucuns, tout en oubliant que sans le Père, ils ne sont rien, ne veulent pas venir à cette fête. Ceci est très important, le Père laisse libre, il lance une invitation, nous pouvons l’accepter comme la refuser. Nous pouvons accepter le projet de Dieu pour nous, comme le refuser. D’autres ne désirent pas abandonner leurs occupations de travaux ou de commerces pour s’ouvrir à la joie de cette noce. D’autres encore refusent le projet de Dieu de sauver l’humanité … les violents et meurtriers de notre parabole.

Mais Dieu souhaite des convives au festin des noces qui est déjà prêt … Le Père a tout prévu … Il envoie donc chercher tous et n’importe qui, oserais-je dire pour remplir la salle du banquet. Ce ne sont pas seulement ses amis les plus proches qui sont appelés, mais même ceux qui sont loin de lui.

3 – Le vêtement de noces

Et voilà que nous sommes témoins d’une injustice … L’un des convives – qui n’avait sans doute pas prévu d’être invité à des noces – se fait renvoyer du festin par le Père en personne, non parce qu’il est mauvais, mais parce qu’il n’a pas de vêtements appropriés au banquet de l’évènement … Notons d’ailleurs que sur le nombre d’invités, un seul est exclu.  Est-ce une injustice ? NON !!! Dans la culture de Jésus, avant d’entrer dans la salle du banquet, un vestiaire est mis à disposition des convives avec des tenues appropriées.

Ce convive de l’Evangile, s’il porte ses propres vêtements, qui ne sont d’ailleurs peut être pas très propres, c’est parce qu’il a refusé de se laisser revêtir … Le Père a tout prévu pour le banquet même la tenue vestimentaire.

Meghann et Baptiste, dans la nuit pascale, vous serez revêtus du vêtement blanc. Le Père vous revêtira de la personne-même du Christ. Ce vêtement s’oppose aux vêtements de notre misère. Il ne s’agit pas là de la misère du mal que les évènements du monde, mon histoire, ma santé, les catastrophes naturelles, le deuil m’infligent. Il s’agit d’une misère encore plus grande … C’est celle qui résulte du mal que je fomente en mon esprit, en mon cœur, qui sort de moi en pensées, en paroles, par actions ou par omissions et qui touche Dieu en plein cœur.

Le Père nous convie aux noces de son Fils sous conditions que nous reconnaissions nos péchés et le mal que nous commettons ou que nous servons. Sa miséricorde nous propose le salut pour que nous vivions pleinement au service de l’amour. Continuerons-nous encore longtemps à refuser le vêtement des noces qu’il nous propose ?                        Amen.

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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Publié le 1 Octobre 2023

Homélie du 1er octobre 2023 – 26ème Dimanche Ordinaire (Année A)

Frères et Sœurs dans le Christ Jésus,

Depuis plusieurs semaines retentit à nos oreilles le commandement de l’amour. Ce dimanche nous sommes invités à ne pas seulement l’accueillir intellectuellement mais à le mettre en pratique non à la manière des hommes mais de Dieu … Pour accomplir la volonté du Père, nous sommes invités à vivre le commandement de l’amour à l’exemple du Christ.

1 – Publicains et prostituées

L’exhortation de Jésus ce matin a de quoi nous dérouter ou tout du moins nous surprendre … Aux grands prêtres qui exercent les fonctions religieuses et aux anciens du peuple, qui gouvernent et qui jugent, Jésus ne présente ni félicitation, ni diplôme … Ils connaissent la Loi, ils l’étudient, ils l’enseignent, ils la prêchent, ils gouvernent avec elle, ils jugent par elle … Et pourtant Jésus déclare que les publicains et les prostituées les précèdent dans le royaume de Dieu.

Permettez-moi de rappeler non ce qu’est une prostituée mais ce qu’est un publicain. Pour le palestinien du temps de Jésus, le publicain est le nom donné au collecteur d’impôts. La pensée populaire fait de lui un collabo et un voleur. Collabo parce qu’il lève l’impôt des habitants légitimes de cette Terre d’Israël pour l’occupant romain … Voleur parce qu’à l’image de Don Salus incarné par Louis de Funès dans la Grande Vadrouille, il ne manque pas de mettre une partie de ce qu’il prélève dans sa poche.

Publicains comme prostituées ne sont pas les as de la mise en pratique de la loi morale … Ils sont condamnables … leurs actes les condamnent devant la Torah … En d’autres termes, ils sont ce fils à qui le père demande d’aller travailler à la vigne et qui répondent un non catégorique. Mais au contact de Jésus, à l’écoute de sa parole, leur cœur se laisse toucher … Ils savent bien, ô combien leur vie est pécheresse, ô combien ils sont morts au bien, au vrai, au beau ! Cependant, ils accueillent pleinement l’amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus et sa parole. A l’écoute du Verbe de Dieu … ils se convertissent.

2 – L’humilité qui abaisse …

Publicains et prostituées perçoivent que leurs actes les condamnent devant la Loi d’amour … Mais le regard que Jésus pose sur eux ne les enferme pas dans leurs actes mais ouvre un nouveau chemin qui les rend capable du changement … Oui le changement c’est maintenant, enfin que dis-je ? Le changement c’est vouloir que tout change autour de nous, sans changer un soupçon de ce que je suis … La conversion, c’est maintenant … Ce qui m’entoure changera véritablement, quand mon cœur se sera totalement converti à l’écoute de la Parole du Christ … Si les prêtres et les anciens du peuple veulent le changement, Jésus nous invite à la conversion. Et il se présente à nous dans la kénose dont Paul enseignait à l’instant les Philippiens. On peut remplacer ce terme de kénose par le mot abaissement … Paul nous invite à toujours considérer l’autre comme supérieur à nous-mêmes … C’EST-CE QUE FAIT JESUS ! Dans le nouveau-né de la crèche, il se livre dans ce qu’il y a de plus fragile en notre humanité … Dans le crucifié du Golgotha, le juste se livre au pouvoir des pécheurs … Dans la sainte hostie de la messe, il se livre dans la pauvreté d’un morceau de pain sans levure …

Jésus ne nous invite à rien d’autre … Il ne nous demande pas seulement de le prendre pour exemple, mais d’accueillir la grâce qu’il nous donne, afin d’être toujours plus petits pour rejoindre le plus petit d’entre-nous, de nous faire toujours plus pauvre, pour rejoindre le plus pauvre d’entre nous, de ressentir toujours plus la faim, la soif, l’exclusion, pour vivre de l’Evangile du Royaume de Dieu qui nous appelle à changer nos cœurs.

 

Chers amis, nous sommes invités à faire la volonté du Père dans la vigne de ce monde. Ne soyons pas des « bien-pensants » de la Loi, de l’Evangile … Cette pensée fait de nous des fils qui disons oui mais qui ne faisons pas. Soyons des « bons-vivants » de cette Bonne Nouvelle dont nos péchés montrent que nous avons dit non, mais que les signes de nos conversions témoignent que nous œuvrons …

Pour nous mettre au service du Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint, n’attendons pas d’être parfaits, mais résignons-nous à changer de vie pour emprunter le chemin de la perfection.               Amen !

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Rédigé par Paroisse Sainte Catherine du Passage

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